La photographie à l’ère du numérique

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Photo : Meffre / marchand (The ruins of detroit)

Regards contemporains

Présence des photographes sur le web

1 / La photographie sur internet

Le web, surtout depuis l’apparition des Smartphones, a complètement bouleversé la manière d’appréhender, de diffuser, de contempler ou de “consommer” la photographie. Un vocabulaire hier inconnu émerge et de nouveaux standards esthétiques prennent le devant de la scène :

Le selfie (ayant entraîné l’industrie d’outils dédiés, comme les perches à selfie et son lot de techniques détournées comme le Selfiepoubell, le welfie, le Belfie, le bookshelfie, le drelfie, sans oublier les conséquences de ces pratiques sur la santé publique car, peu de gens le savent, les selfies peuvent tuer!), le Tag, le photobombing, etc… sont des mots apparus dans le quotidien de millions de personnes “connectées”. Si elles révèlent bien souvent la vacuité, le narcissisme ou l’égocentrisme des protagonistes, ces nouvelles formes de photographie, loin des canons traditionnels, laissent parfois poindre une brèche, une émotion, révèlent une faille de l’homme ou de la société qui l’a engendré et sont parfois détournées ou récupérées avec talents.

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Au-delà de ces nouvelles pratiques, la toile s’est progressivement transformée en immense espace de stockage et de partage dans lequel photographies et vidéos prennent le plus de place. La plupart des utilisateurs ont aujourd’hui un compte Facebook, Google, Twitter, Instagram, Flickr, Pinterest, Youtube,etc… Ils stockent et partagent leurs photos de familles, leurs souvenirs de vacances, leurs témoignages, leurs passions, leurs selfies. Ces nouveaux usages, comme les albums photo en leur temps, racontent quelque chose des sociétés qui les pratiquent.

L’émission regrettée PLACE DE LA TOILE animée jusqu’en 2014 par Xavier De la porte sur France culture, avait d’ailleurs consacré une diffusion à ce sujet, analysant ces nouvelles pratiques à l’aune de l’histoire de l’art, des médias et plus spécifiquement de la photographie.

(Si l’émission n’existe plus aujourd’hui, du moins sur un véritable format inscrit sur la durée, les archives sont toujours consultables sur le site de France culture)

Les nouveaux outils que sont les Smartphones, tablettes tactiles, caméras type Go pro, ne bouleversent pas que la photo de « loisirs », mais l’industrie de la photographie dans son ensemble. Les évènements relatant l’actualité sont aujourd’hui couverts en grande partie par des photos et vidéos amateurs prisent sur le vif, avant l’arrivée sur place des « professionnels ». Ces photographies ou vidéos sont bien souvent « virales » et créent un « buzz » avant même que les médias traditionnels n’aient proposé le moindre contenu. la cadence de « l’information » s’accélère donc et modèle son pas sur celui des réseaux. Pas une chaine aujourd’hui qui n’affiche en continu les fils twitter, vidéos Youtube ou commentaires Facebook, au prix bien souvent d’une précipitation étouffante et d’une information de qualité médiocre.

5fc6c42c-7fa0-11e0-ae9c-765696900207(Tweet ayant semé le trouble dans l’affaire DSK et ayant anticipé toute information via un canal traditionnel)

japon-l-arrive-de-la-vague-filmee-par-des-amateurs-10420445hhuuw(vidéos et photos amateurs relayées par tous les grands médias –ici LCI – lors du Tsunami de 2011 au japon)

Si ce cycle de l’information en continu revêt des allures détestables (Attentats de janvier et novembre 2015 à Paris), les outils de communication accessibles à tous ont aussi des vertus et servent parfois à rétablir l’équilibre d’une désinformation ou d’une déformation de l’information par les médias professionnels, en restituant la parole aux témoins directs des évènements et en créant une forme d’information citoyenne, horizontale et participative avec ses vertus et ses défauts, une culture du « like » et du poing levé (exemple des « prétendus » débordements en marge de la cop 21 à paris).

De fait, n’importe quel photographe ou vidéaste amateur / de circonstance peut aujourd’hui poster une image sur Instagram, une vidéo sur Youtube, un article sur WordPress, un tweet ou même créer un site, un blog et promouvoir son travail, exercer son sens critique et réinventer le rapport jusqu’ici pyramidal de la circulation de l’information.

Mais que font les photographes “professionnels” de tous ces bouleversements? Comment diffusent-ils leurs travaux? Quelle place accordent-ils au web et aux réseaux? De quelle manière les technologies numériques modifient-elles le rapport des photographes à leur travail, à leurs techniques, à leurs outils? Peut-on encore parler de photographie professionnelle et comment?

2 / La photographie professionnelle

Agences et galeries

Une simple recherche Google image nous permet d’accéder à des milliers de photographies autour d’un même sujet. Dans ce lot d’images “offertes” se cachent un grand nombre de questions qu’on ne se pose que trop rarement. Tout d’abord celle de la licence. La photographie est-elle soumise au droit d’auteur? Ai-je le droit de l’utiliser et pourquoi faire? Est-elle gratuite? La question du photographe ensuite (professionnel, amateur, de circonstance?). La question du contexte, du lieu, de l’authenticité enfin (éventuelle retouche, commentaire associé, contexte de l’utilisation de l’image, etc…).

201509111707-full( Exemple de cette photographie de l’AFP, détournée et utilisée à contre emploi par le journal municipal – et marqué politiquement à l’extrême droite – de Béziers )

Passer par le spectre d’une agence photo pour trouver des images offre un certain nombre de garanties. Tout d’abord, une éthique. En fonction de l’agence choisie , une pratique de la photographie sera privilégiée, une manière d’appréhender les sujets, une distance, un regard, un angle politique. Des agences historiques comme Magnum ou contemporaines comme Vu, tendance floue ou Myop, offrent un choix de photographies de grande qualité, avec une notion “d’auteur photographe” associée à chaque image, un travail sur le style, sur la conception des images en séries et sur la subjectivité du regard assumée. Ces agences, Magnum dans un premier temps et Vu ou Myop de manière plus radicale, mettent le regard subjectif du photographe au cœur de la notion de témoignage. Ainsi, la couverture d’un évènement, l’exploration d’un sujet ou d’un territoire, passent par le spectre d’un regard, d’une sensibilité, d’un point de vue, qui ne peuvent pas être neutre.

michael-ackerman_610768( Michael Ackerman / agence Vu )

yakoukst_ville_froide_087-bd( Steeve Iuncker / agence Vu )

Odysseia_04( Antoine D’agata / agence Magnum )

tumblr_nkjd72B0mT1qarjnpo3_1280Harry Gruyaert / agence Magnum )

D’autres agences auront une démarche beaucoup plus neutre vis-à-vis des photographes en tant qu’auteurs et de la photographie en tant qu’art. Elles privilégieront une approche plus « froide » des sujets en évacuant la question du style et de la subjectivité pour une image techniquement “parfaite” et exploitable dans l’illustration des contenus, mais au discours souvent neutre et à la « patte » généralement effacée. L’exemple de Sipa press ou d’agences extrêmement spécialisées comme BSIP (sciences) et Biosphoto (nature), illustrent cette politique.

3 / Les sites de photographes / photographes indépendants

En plus, ou à côté des grandes institutions que sont les agences photographiques, certains photographes communiquent autour de leur travail et s’emparent du web à travers des sites internet personnels, blogs, réseaux sociaux, leur permettant d’atteindre une plus grande singularité.

La création d’un site, si elle ne permet pas totalement pour un photographe de s’affranchir de la présence d’une agence (sécurité, protection de son travail, démarchage, réseau, etc…), lui offre en revanche une “vitrine” plus personnelle dans laquelle il a la possibilité de présenter son travail comme il l’entend et , en fonction du contrat qui le lie à son agence, de gagner en indépendance. Les sites internet permettent également aux photographes ne trouvant pas d’agence d’exposer leur travail et de le rendre visible à moindre coût.

La création d’un blog sera propice à développer textuellement autour de l’image, par la théorie, la poésie ou le témoignage. Les réseaux sociaux offriront une visibilité et inscriront les photographies dans la dynamique d’une actualité. Les trois supports sont à priori complémentaires et permettent de faire vivre l’image sur des temporalités différentes et selon des objectifs éclatés (question de l’œuvre, du témoignage, du document, etc…).

Exemples :

Adam Magyar

AdamMagyar_02Avec sa série « Stainless », Adam Magyar exploite pleinement les possibilités sonores, visuelles et interactives du web. En permettant au spectateur de parcourir ses images à l’aide d’une loupe il offre bien plus qu’un gadget, mais un véritable outil d’exploration de l’image fixe qui lui donne de nouvelles propriétés. Le public peut alors se mouvoir dans l’image et créer ses propres cadres à l’intérieur du cadre. La photographie devient en quelque sorte un espace géographique sur lequel il est nécessaire de se pencher (à l’inverse de l’observation d’une œuvre muséale qui nécessite la plupart du temps de prendre du recul). L’utilisation et le détournement des caméras professionnelles haute vitesse de type Optronis (généralement dédiées à la science ou à la publicité) lui permet de proposer un format vidéo se rapprochant de la photographie en lui insufflant des mouvements subtils créant un sentiment trouble pour celui qui regarde. La caméra se déplace t-elle sur une photographie, ou dans un espace ralenti au possible?

Adam Magyar – Stainless, Alexanderplatz (excerpt), 2011 from Adam Magyar on Vimeo.

Steve Iuncker

Un peu plus classique dans l’approche de la présence web, Steve Iuncker (membre de l’agence Vu), montre qu’il est possible d’être présent sur les deux fronts en proposant une approche singulière sur un site personnel s’éloignant de la charte graphique de l’agence Vu.

 

Russia, Siberia, Yakutsk, January 2013 In the coldest city in the world. Russie, Sibérie, Iakoutsk, janvier 2013 Dans la ville la plus froide du monde. Steeve Iuncker / Agence VU

Matt Lutton

Matt Lutton est un photographe américain ayant fait un important travail sur la Serbie. Son site, plutôt sobre, propose cependant d’explorer les images dans l’horizontalité de la page, ce qui est plutôt rare, la plupart des photographes préférant la plupart du temps exploiter la verticalité ou le Portfolio type « diaporama ».

Young men riding the trams in Belgrade. December 2010.

Yves Marchand et Romain Meffre

Si leur site est d’une facture extrêmement classique, leur démarche l’est beaucoup moins. Le duo de photographes explore dans un travail d’une densité et d’une qualité inouïe, les vestiges déjà présents de la civilisation post-industrielle. A travers la ville de Détroit ou l’île de Gunkanjima, les deux photographes proposent un témoignage sidérant sur l’obsolescence (programmée?) de cette civilisation post industrielle digne d’un film catastrophe Hollywoodien. Le site a le mérite de proposer l’intégralité de leur travail et de renvoyer aux livres somptueux compilant ces photographies.

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4 / Les réseaux sociaux et réseaux sociaux spécialisés

Les réseaux sociaux offrent un autre modèle de vitrine. Souvent critiqués, à juste titre, pour leur politique de confidentialité ou l’utilisation qu’ils font des données personnelles de leurs utilisateurs (publicité ciblée, collaboration avec instances de contrôles type NSA), les réseaux sociaux n’en demeurent pas moins de formidables outils de partages où le rapport amateur / professionnel n’est plus central. Le réseau social est en effet un outil permettant à chacun, de la même manière, de diffuser du contenu et des commentaires, donc d’avoir un rapport actif au média.

Si la majeure partie des photographies présentes sur Facebook ou Instagram ne font pas “œuvre” (bien qu’il faille définir la notion d’œuvre à l’échelle et à l’ère du numérique et de l’Internet), certaines émergent, se distinguent, font le “buzz” et viennent côtoyer du coude le travail des photographes d’agence.

L’art du Selfie?

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This NASA photo shows on December 24, 2013, as NASA astronaut Mike Hopkins, Expedition 38 Flight Engineer, participates in the second of two spacewalks, spread over a four-day period, which were designed to allow the crew to change out a degraded pump module on the exterior of the Earth-orbiting International Space Station. He was joined on both spacewalks by NASA astronaut Rick Mastracchio, whose image shows up in Hopkins' helmet visor. The pump module controls the flow of ammonia through cooling loops and radiators outside the space station, and, combined with water-based cooling loops inside the station, removes excess heat into the vacuum of space. AFP PHOTO/NASA = RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / NASA/ HANDOUT" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS =

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Comme nous le disions plus tôt, de “nouvelles” manières de pratiquer la photographie émergent via ces réseaux et retiennent l’attention. Au centre de ces pratiques, le Selfie, ou le fait de se prendre soi-même en photo (le plus souvent à l’aide d’un Smartphone) dans un endroit ou une situation donnée afin, le plus souvent, de partager cette image sur un réseau.

La pratique du selfie relève-t-elle du pur narcissisme? Est-elle une extension de l’art traditionnel de l’autoportrait? En quoi raconte-t-elle quelque chose de notre époque et plus spécifiquement de l’usage des outils numériques?

Ces quelques articles et dossiers permettront sans doute de creuser ces questions loin d’être anecdotiques :

  • Tout d’abord avec une chronique de la toujours très bonne émission de Xavier De laporte sur France culture.

  • «Le selfie est un portrait de soi dans le monde»

Interview passionnante de l’universitaire Laurence Allard autour de cette pratique photographique (libération) :

http://www.liberation.fr/ecrans/2014/04/24/le-selfie-est-un-portrait-de-soi-dans-le-monde_1003965

Ainsi qu’un article lié sur le blog de Laurence Allard : Selfie, un genre en soi. Ou pourquoi il ne faut pas prendre les selfies pour des profile pictures :

http://www.mobactu.fr/?p=904

  • Selfie et autoportrait, d’un monde à un autre

Un article intéressant sur le site Paris-art.com :

http://www.paris-art.com/art-culture-France/selfie-et-autoportrait-dun-monde-a-un-autre/rouille-andre/438.html

  • Les selfies, nouvel art de l’autoportrait ?

Un autre article sur le site des inrocks :

http://www.lesinrocks.com/2013/11/23/medias/selfie-lassaut-musees-11446423/

  • De l’autoportrait au selfie

Un dossier complet sur le sujet résultant d’un atelier autour de Snapchat et Instagram organisé par l’académie de Nantes et le pays de la Loire :

http://www.irepspdl.org/_docs/Fichier/2015/5-151113015359.pdf

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Les photographes sur les réseaux

L’apparition de Myspace fut une petite révolution dans le monde d’internet en permettant au tout venant de créer une page personnelle pour y mettre à peu près tout ce qu’il souhaitait. Les premiers à s’engouffrer sur cet espace facilement accessible et ne nécessitant pas la connaissance d’un langage informatique furent les musiciens suivis de près par les photographes. Myspace permit ainsi la création d’une communauté forte qui, par affinités, permettait de sortir des sentiers battus en termes de création musicale et visuelle et de faire de réelles découvertes. Certains artistes ont d’ailleurs émergés par ce réseau. Peu à peu délaissé pour Facebook, ou Twitter, Myspace est aujourd’hui une communauté beaucoup moins active.

Des agences utilisant les réseaux pour promouvoir leur structure aux comptes personnels des photographes en passant par les talents “inconnus”, voici une petite exploration des réseaux axée sur la photographie :

 

Instagram :

CaptureInstagram est un réseau social axé sur le partage de photographies et trouve naturellement sa place pour tout photographe désirant valoriser son travail et pour toute agence ou festival désirant communiquer autour de ses actions. Il ne faut pas non plus négliger la présence des magazines ou journaux qui valorisent souvent la photographie et les photographes à travers ces types de comptes.

Petite sélection de comptes à suivre :

Agence Vu :  https://www.instagram.com/vu_photo/

Agence magnum : https://www.instagram.com/magnumphotos/

Vice : https://www.instagram.com/vice/

National geographic : https://www.instagram.com/natgeo/

Photograph Magazine : https://www.instagram.com/photographmag/

burnmagazine : https://www.instagram.com/burnmagazine/

JR : https://www.instagram.com/jr/

Rencontres d’Arles : https://www.instagram.com/rencontresarles/

Tendance floue : https://www.instagram.com/tendance_floue/

Le bal : https://www.instagram.com/le_bal/

Vincent Catala : https://www.instagram.com/vincent_catala/

Lorenzo Castore : https://www.instagram.com/lorenzocastore/

Maison européenne de la photographie : https://www.instagram.com/mep_paris/

Libération : https://www.instagram.com/liberationfr/

Géo : https://www.instagram.com/magazinegeo/

 

Twitter et Facebook

 

Twitter et Facebook permettront surtout de suivre l’actualité des photographes, agences ou structures et de communiquer, le cas échéant, avec.

La sélection serait trop importante à présenter sur cet article et il conviendra de trouver les comptes intéressants à suivre au fil des pages en se fiant par exemple aux comptes suivis par les grandes agences comme Vu, ou Magnum.

 

Flickr et pinterest

 

Autres réseaux axés autour de la photographie, ces espaces permettent notamment aux photographes amateurs d’avoir une visibilité et un retour critique sur leur travail. Très utilisés, notamment Flickr pour sa facilité d’usage et son espace de stockage considérable (1 to gratuit), la rencontre de photographes de talents dépendra du temps passé sur le réseau à dénicher les clichés sortant de l’ordinaire. Il faut donc parfois s’armer de patience pour avoir droit à autre chose qu’une coccinelle prise en macro sur une fleur ou un soleil couchant.

5 / Revues / magazines spécialisés en ligne

La presse en ligne fait bien souvent la part belle à la photographie et la suivre permet de faire de belles découvertes. Voici une petite sélection de magazines à suivre :

VICE : Le site internet plutôt provoc Vice offre un espace très large à la photographie de qualité. Attention cependant aux contenus parfois bruts et trashs propres à la ligne éditoriale de la revue.

Libération : Le journal quotidien ayant été le berceau le l’agence Vu, il est tout naturel que son site face la part belle aux photographes. Une manière d’appréhender l’actualité à travers des regards aiguisés.

Géo : Dans un autre style, à travers des blogs, reportages ou portfolios, le magazine géo offre une très belle fenêtre sur les paysages sauvages ou urbains de notre planète. A parcourir.

National geographic : Dans le même esprit, National geographic accorde une grande place aux reportages photos à travers sa rubrique “Diaporamas”.

Études photographique : Revue papier et numérique précieuse, plutôt “pointue”, sur le langage photographique. Pour ceux qui aiment la théorie de l’art.

 

6 / Banques d’images libres de droit et Bien commun

Ônibus_Hacker(Onibus Hacker / Wikimédia commons)

Si les agences sont capables d’apporter une valeur ajoutée au travail des photographes en assurant la valorisation, la diffusion et la protection de leur travail, elles n’en restent pas moins soumises au bon vieux modèle du copyright si peu adapté aux réalités du web aujourd’hui. En effet, des licences libres de type Creative commons assurent aujourd’hui une reconnaissance et une protection juridique des auteurs en leur permettant de “contrôler” la diffusion de leur travail suivant un certain nombre de restrictions incluent dans le cadre d’une licence non restrictive (c’est à dire en accordant un certain nombre de droits plutôt qu’en interdisant tout). Le choix de ce type de licence n’est pas évident et peut faire peur au photographe professionnel, mais va dans le sens d’un bien commun et d’une banque d’image internationale, de qualité, à même de nourrir articles et travaux de recherche dans un cadre de droit beaucoup moins contraignant que celui du copyright.

Une simple recherche via le moteur Google image avec un filtre par licences permet d’accéder à des images libres de droit. Des réseaux sociaux comme Flickr indexent également le travail des photographes ayant choisi les licences Creative Commons.

Des banques d’images de qualité ont aussi fondé leur modèle sur le bien commun et la licence libre :

Wikimédia commons : Banque d’images collaborative de la fondation Wikimédia, à vocation encyclopédique.

Superfamous.com : Une banque d’image de qualité sous licence Creative commons

Life of pix : Encore une banque d’images libres de droit offrant une collection de photographies permettant d’illustrer article ou d’agrémenter des pages internet.

Quelques articles recensant plusieurs banques d’images aux licences libres :

Orson: http://blog-fr.orson.io/blog/64/top-12-des-banques-d-images-gratuites-et-libres-de-droits

Korben :

http://korben.info/10-sites-photos-gratuites-illustrer-vos-sites.html

http://korben.info/photos-gratuites.html

http://korben.info/photos-libres-de-droit-gratuites.html

http://korben.info/top-10-des-sites-proposant-des-photos-gratuites-et-libres-de-droit.html

http://korben.info/depositphotos-photos-vectos-videos-libres-droits.html

8/ Les forums et sites de passionnés

Les forums sont des outils à ne pas oublier lorsqu’on souhaite faire le tour du monde de la photographie sur internet. Ils ont souvent une vocation plutôt technique, mais permettent, par l’intermédiaire de questions/réponses directes aux membres de la communauté, d’en apprendre plus sur les pratiques, de perfectionner la sienne et de découvrir des photographes méconnus.

Voici une liste de forums actifs sur le sujet :

Pose partage : http://www.posepartage.fr/forum/

Virus photo : http://www.virusphoto.com/forum-photo.php

Chasseur d’images : http://www.chassimages.com/forum/index.php

 

9 / Des lieux, évènements et festivals pour se tenir informé de l’actualité photographique

Les Rencontres d_Arles 2009Voici une sélection non exhaustive de lieux ou festivals majeurs pour la photographie, essentiellement en région parisienne :

Maison européenne de la photographie

Galerie Vu

Les rencontres d’Arles

Le Bal

La Galerie du jour

Jeu de paume

Polka

Fondation Henri Cartier Bresson

Une sélection plus large est proposée par cet article sur Timeout :

http://www.timeout.fr/paris/galeries/expositions/photos

10 / Expériences originales, dispositifs singuliers

Au-delà de la vocation artistique, plasticienne ou documentaire de la photographie, des sites s’attachent à l’utiliser dans des dispositifs singuliers propres aux interfaces numériques (tablettes, écrans pc). C’est le cas par exemple de la technologie Google street view permettant de parcourir le monde en réalité virtuelle. Depuis l’apparition des casques de réalité virtuelle type Cardboard ou Oculus rift, l’expérience est encore plus saisissante. Des applications sont disponibles sur le Playstore et l’Apple store pour en profiter pleinement. Le site Google treks dédié au patrimoine mondial de L’UNESCO permet également de parcourir les lieux les plus incroyables du monde à travers des photos prisent à 360 degré.

360 cities est un autre site permettant, avec moins de souplesse, de se mouvoir à 360 degré dans l’image et offre l’occasion de témoigner de l’histoire de manière singulière :

 

Exemple poignant de cette reconstruction tirée d’images d’archives de Hiroshima après la bombe atomique.

D’autres usages permettent encore d’utiliser la photographie de manière interactive, comme le story map, la time line, la juxtaposition, ainsi que les widgets photo type widgetic ou thinglink.

Ces outils feront l’objet d’un article à part entière prochainement dans un billet consacré aux techniques photographiques numériques.

12 / Théorie et critique

Voici pour finir une sélection de sites et supports permettant d’élaborer une réflexion critique autour de la photographie contemporaine.

  • En mai 2015, le Centre Georges Pompidou organisait un colloque autour des théories de la photographie. Vous pouvez en retrouver une trace avec des liens renvoyant vers les captations de ce colloque sur le blog l’image sociale :

http://imagesociale.fr/1475

  • L’image sociale :

Blog d’André Gunthert, maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), où il occupe la chaire d’histoire visuelle:

http://imagesociale.fr/

Ce blog est un carnet de recherches spécialisé dans le domaine des études visuelles.

  • Théorie de l’action photographique :

http://www.labex-arts-h2h.fr/fr/theorie-de-l-action-photographique.html

  • Études photographique :

https://etudesphotographiques.revues.org/index.html

Une revue papier et numérique plutôt “pointue” sur le langage photographique.

  • Portail photo Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Photographie

  • L’emprunte digitale

http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2007/10/03/506-l-empreinte-digitale

Un article intéressant d’André Gunthert

  • Tendances de la photographie contemporaine

http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-photocontemporaine/ENS-PhotoContemporaine.htm

Un document pédagogique mis en ligne par le centre Georges Pompidou

Cet article sera suivi prochainement d’une publication dédiée aux techniques de photographie numériques, aux outils en ligne ainsi qu’à la retouche. Je vous souhaite en attendant de belles découvertes et de beaux voyages dans cet art plus que jamais sur le devant de la scène.

 

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