Stages informatiques à la médiathèque

Pour fêter la fin de l’année scolaire, la médiathèque Louis Aragon vous propose trois stages informatiques intensifs fin mai et début juin.

Le premier est destiné aux débutants et leur permettra d’appréhender mieux la pratique de l’informatique à travers la découverte de l’ordinateur, la navigation internet, le traitement de texte et la sécurité.

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Le deuxième stage proposera à un public plus avancé de se familiariser avec la création web à travers la construction d’un site internet WordPress, la gestion des contenus (photos, textes, vidéos, sons, widgets), le référencement et la promotion du site sur les réseaux sociaux.

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Le troisième stage vous invitera enfin à préparer vos vacances à travers la photographie. De la prise de vue (avec une initiation-balade au parc des carrières) au partage en ligne, en passant par la retouche ou la préparation d’une impression, vous serez en mesure d’exploiter au mieux votre appareil numérique, quel qu’il soit (smartphone, compact, bridge ou reflex…).

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Alors n’hésitez pas et venez nombreux. Les ateliers sont gratuits, sur inscription.

Horaires :

Mardi de 16 h à 19 h 30, mercredi de 10 h 30 à 12 h 30, samedi de 10 h 30 à 12 h 30.

Stage photo : Tout public et tout âge

Stage création web : Sans limite d’âge, à partir de 12 ans (niveau intermédiaire / avancé)

Stage débutant informatique : Public Ado/Adulte (niveau débutant)

Plus d’infos à l’espace multimédia de la médiathèque Louis Aragon ou sur le site internet.

Médiathèque Louis Aragon, 2 avenue Rabelais 94120 Fontenay-sous-Bois Tél: 01 49 74 79 60

Venez buller à la médiathèque… et sur internet!

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Du 8 mars au 11 mai, la médiathèque Louis Aragon vous propose un grand nombre d’évènements autour de la bande dessinée( expos, rencontres, ateliers, etc…).

Vous trouverez sur le Blog http://venezbuller.tumblr.com/ le pendant numérique de ces évènements. Des articles, des photos, des dessins, de la vidéo, de la musique, les résultats d’ateliers animés par des auteurs et illustrateurs BD, les retranscriptions des rencontres et beaucoup d’autres découvertes.

Alors n’hésitez pas et venez buller à la médiathèque.

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(Dessin Gilles Rebechi – Rencontre du 19 mars 2016 autour du Roman graphique et de l’autofiction)

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(Atelier animé par Marie Moinard et Thierry Chavant le 12 mars)

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(Fanzine prêté par  la bibliothèque Hergé d’Etterbeek en Belgique)

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(Expo Double Je)

tumblr_o4o6zkzDQy1v9pw7lo3_1280(Atelier du 26 mars animé par Robin Walter)

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(Atelier du 26 mars animé par Robin Walter)

Plus d’infos sur le site de la médiathèque Louis Aragon ou sur le blog Venez buller.

REVUE DU WEB # 1

A.I.-2-LBDC-1200x520(A.I – Intelligence artificielle – Steven Spielberg / 2001)

«Nous pensons que l’Internet est réel»

(Peter Sunde / TPB AFK)

Le territoire internet n’a de limite que les machines qui le structurent. Chaque ordinateur connecté à la toile génère son propre contenu et alimente  de données supplémentaires le réseau des machines connectées. Tels les bâtisseurs de Minecraft qui font grandir leur monde en jouant, les internautes font grandir la toile en surfant. La planète compte plus de 3 milliards d’internautes dont 2 milliards sont inscrits à au moins un réseau social. Chaque minute 3 millions de contenus sont partagés sur Facebook, 4 millions de recherches transitent via Google, 75 heures de vidéo sont téléchargées sur Youtube. S’ajoutent à cela, les blogs, les sites, les photos partagées, les cartes, la musique, les mails, les forums, les tchats, etc…

Comme un espace urbain, le web à ses quartiers, ses rues, ses faubourgs, ses bibliothèques, ses marchés, « ses cafés », ses coins peu fréquentables, etc… Mais contrairement à l’espace urbain, le web n’est pas ou peu organisé, difficilement transposable à une forme géographique. Cela fait d’ailleurs sa valeur et cet apparent chaos de contenus entremêlés, ne doit rien au hasard. Le web a été conçu avant tout comme un espace de libertés, décentralisé, dans lequel chaque utilisateur se construit selon une (éventuelle) évolution du rapport au média qui, d’après Benjamin Bayart, peut se décrire de la sorte : (voir article sur Framagora)

  • consommateur
  • kikoolol
  • lecteur
  • râleur
  • commentateur
  • auteur
  • animateur

Cycle d’évolution des internautes – Benjamin Bayart from simplementNat on Vimeo.

Les moteurs de recherche sont des outils indispensables, mais peu adaptés à une représentation graphique ou intellectuelle de l’internet, de ses contenus ou de ses auteurs. C’est un monde trop vaste, constitué de superpositions d’objets hétéroclites, qu’il est aujourd’hui nécessaire de « cartographier », pour en dessiner les contours et en dégager de grands axes. Il faut en somme se soustraire à l’idée infondée d’un Internet pensé en royaume des virtualités et s’avancer méthodiquement vers l’image d’un Internet prenant la forme d’un territoire.

Dans cette jungle d’informations et dans cet espace à l’architecture complexe, la revue du web entend apporter un éclairage subjectif en dégageant les grandes tendances qui opèrent sur la toile. Loin d’être exhaustive, cette rubrique bimestrielle permettra (en s’appuyant aussi sur les commentaires) de synthétiser les grands débats secouant les réseaux, de mettre en valeur des objets passés inaperçus, de présenter des œuvres et des contenus précieux, en somme de refléter les cultures numériques en ébullition permanente.

Exploration, errance, fascination, découverte, perte de temps, obsession, ennui, procrastination, rencontre… La revue du web est ouverte!

JANVIER // FÉVRIER 2016

1 // Surveillance généralisée //

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Depuis les révélations d’Edward Snowden en juin 2013, la surveillance des réseaux par les hautes autorités ou par les gros acteurs du G.A.F.A.M, fait l’actualité quotidienne de la toile. Ces deux derniers mois n’ont pas échappé à la règle et l’actualité confirme une fois de plus le mépris presque total des hautes autorités quant à la protection des données personnelles et la mobilisation citoyenne grandissante en réaction.

Arte a donc pris l’initiative de mettre en ligne un dossier plutôt complet permettant de faire le tour de la question à travers des articles et vidéos de qualités :

Souriez, vous êtes cybersurveillés !

Ce dossier permettra notamment à ceux qui ont l’impression d’être dépassé par le sujet d’y voir un peu plus clair.

Côté « surveillance », la loi sur le renseignement promulguée en France le 24 juillet 2015 fait plus que jamais débat. Next impact nous informe dans deux articles des réserves émises par l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) et (plus timidement) par la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) au sujet de cette loi.

Pour ceux qui se sentiraient dépassés par les tenants et aboutissants d’une telle loi, il y a heureusement une explication faite en « patates » (tout de suite plus digeste):


La loi sur le renseignement expliquée en patates par lemondefr

Dans la galaxie des opposants à cette loi et au prolongement de l’état d’urgence, la voix d’Edward Snowden résonne peut-être de manière plus intense, étant donné son parcours et l’élégance de son tweet posté en français à destination des citoyens de notre pays :

Plusieurs articles reviennent d’ailleurs sur l’importance d’un tel message de la part du lanceur d’alerte le plus célèbre de ces dernières années. C’est le cas de Numérama, Courrier Internationnal, ainsi que du Nouvel Obs.

Pour ceux qui s’intéressent au cas Edward Snowden et aux conséquences de ses révélations, nous renvoyons au travail formidable réalisé par Laura Poitras dans son film Citizen Four :

Sur la même longueur d’onde, évoquant l’état d’urgence, la Quadrature du net par la voix de  Philippe Aigrain, l’un de ses cofondateurs, dénonce une loi masquant les prémices d’un « état policier » (texte initialement publié sur le blog de son auteur):

État d’urgence : l’infamie ne doit pas cacher la mise en place d’un état policier

Pour autant, il s’agît d’être vigilant et de ne pas se laisser entrainer par les diverses manipulations ou théories du complot qui fleurissent ça et là, profitant de l’émotion vive suscitée par les attentats de novembre 2015 à Paris. Si l’on peut regarder avec intérêt et distance critique l’initiative gouvernementale stop-djihadisme.gouv.fr ou la campagne officielle On te manipule, des vidéos très instructives émergent ailleurs et donnent aux internautes les conseils méthodologiques à suivre pour vérifier l’information. La chaine Youtube Hygiène mentale est à ce titre exemplaire en permettant aux internautes de se former aux méthodologies de recoupement des sources et de vérification des documents.

Pour finir sur le thème « Surveillance généralisée » et lanceurs d’alertes, le cas complexe de Julian Assange a connu en février un tournant important. En effet, un groupe de travail des Nations Unis (conçu autour des détentions arbitraires) a rendu un rapport de plus de 40 pages en faveur du fondateur de Wikileaks cloîtré depuis juin 2012 dans l’ambassade équatorienne de Londres.

Le matin même, Julian Assange était l’invité de la matinale de France Inter (invitation prévue en amont) et réagissait sur le vif :

Deux articles d’Amaelle Guiton (journaliste à Libération) nous permettent de faire le point sur cette affaire ici et ici, ainsi qu’un article sur Next impact et un autre sur le site précieux de l’Ojim (Observatoire des journalistes et de l’information médiatique)

Pour ceux qui n’auraient suivi que de loin l’affaire Julian Assange, La web revue PIXEL récapitule les faits de manière simple et précise et en profite pour faire un point sur l’organisation WikiLeaks.

2 / / Loi sur le numérique //

 Heureusement, les dispositifs de « régulation » de l’internet ne visent pas qu’à surveiller les citoyens, mais tentent d’humaniser un média devenu principal vecteur d’un libéralisme sauvage ou de pratiques détestables. La loi sur le numérique tant débattue ces dernières semaines essaye d’apporter des réponses concrètes à des situations devenues de plus en plus floues (concurrence déloyale, revenge porn, droit à l’oubli, etc…).

La revue Pixel apporte un éclairage sur les enjeux de cette loi. D’autres articles sur Next impact ou Rue89, permettent d’approfondir le sujet.

3 // Intelligences artificielles et robots //

real-humans-5114c67dee28bPrécédés ou anticipés par les fantasmes de la littérature, du cinéma ou de la bande dessinée,  les robots prennent le devant de la scène depuis plus d’un an. Que leur apparence soit Humanoïde ou non, les robots sont d’ores et déjà pensés par les industries de pointe comme les compagnons de demain et la recherche connexe autour de « l’intelligence » artificielle n’a jamais été aussi riche.

Pour se familiariser en douceur avec le sujet, le monde a mis en ligne un dossier passionnant intitulé «A quoi rêvent les robots». Tant fascinant qu’inquiétant, ce dossier nous permet de tisser des connexions entre fantasme et réalité avec un écart qui parait se réduire de plus en plus.

A France culture le sujet interpelle suffisamment pour y consacrer une matinale dont l’intitulé a le mérite d’être clair : Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle?

A réécouter sur le site ou sur le lecteur ci-dessous :


Les Matins / Faut-il avoir peur de l… par franceculture

On se souvient de la première défaite d’un joueur d’échec professionnel face à une machine (défaite de Garry Kasparov face à Deep blue d’IBM, qui avait semé le doute chez les amateurs d’échec). C’est un joueur de Go qui cette fois s’est incliné, ce qui est une première dans l’histoire. Au-delà de la prouesse technologique, la recherche autour de l’intelligence artificielle est l’enjeu d’une véritable guerre industrielle entre notamment Google et Facebook. Le monde nous raconte cette partie historique en deux articles, ici et ici et nous offre le portrait de Français Yann LeCun, véritable génie de l’intelligence artificielle.

Une actualité autour des robots qui sera certainement l’occasion de se refaire une culture en la matière avec des Films comme Métropolis de Fritz Lang (véritable chef d’œuvre tombé dans le domaine public et visible intégralement sur Youtube), la belle réinterprétation de ce classique en animé , le superbe Blade Runner de Ridley Scott adapté du non moins superbe roman de Philip K Dick (Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?), la fascinante rencontre entre Stanley Kubrick et Steven Spielberg A.I Intelligence Artificielle où les mythes de Frankenstein et Pinocchio se rencontrent, le plus récent Her de Spike Jonse ou la superbe série suédoise Real Humans. En matière de Bd, le manga Pluto de Naoki Urasawa (relecture d’Astro par le fitre Dickien) est à lire de toute urgence.

Ci-dessous une petite vidéo mise en ligne par Sploid qui retrace l’apparition des robots au cours de l’histoire du cinéma.


Pour les plus passionnés, désireux de mettre les mains dans le cambouis et de s’attaquer directement à la conception de robots, sachez que ce rêve est désormais accessible et peu couteux, en vous rapprochant d’un Fab lab ou en vous rendant tous les 3eme samedi de chaque mois au carrefour du numérique de la cité des sciences à Paris.

4 // La langue et les outils //

La langue française souffre de sa grande complexité et des claviers azerty peu adaptés à ses spécificités. E dans l’a (æ), e dans l’o (œ), É majuscule, tant de caractères que nous renonçons parfois à orthographier correctement à cause de ses maudits claviers. Si cette difficulté vous est indifférente (elle fait même rire la toile), sachez cependant que ça agace le ministère de la culture qui a chargé l’organisme de normalisation Afnor de concevoir un type de clavier plus adapté à notre langue. Articles ici, ici et ici.

Des outils gratuits et open source existent cependant et facilitent véritablement la tâche, comme Wincompose (télécharger ici) dont les principes sont évoqués ici.

Bonne nouvelle également pour les amoureux de la langue et défenseurs de logiciels libre, la suite bureautique Libre Office fait peau neuve et s’impose définitivement comme l’alternative la plus évidente à Microsoft office. Pourquoi faire propriétaire quand on peut faire libre?

5 // Impression 3d //

ultimaker-amortissement-impression-3DL’outil se démocratise de plus en plus et fait le bonheur des bidouilleurs, maquettistes et créateurs en tout genre.

Pour les sceptiques, Arte Future propose un dossier complet sur l’intérêt de ce nouveau type d’outil : Les imprimantes 3d une révolution?

De son côté, Korben, précieux blogueur, relate son expérience avec la Dagoma Discovery 200 , une imprimante 3d premier prix à monter soi-même et nous livre par la même occasion quelques précieuses ressources ici et ici.

6 // Réalité virtuelle //

Pas une journée sur la toile sans que la réalité virtuelle ne soit au cœur des débats. La concurrence est rude en matière d’innovation et ces deux derniers mois n’ont pas échappé à la tendance avec, tout d’abord, l’arrivée compliquée du très attendu casque Occulus Rift, les innovations en terme de réalité cinématique de Magic Leap, l’entrée dans l’arène de Nintendo, les omniprésents Apple et Google toujours pleins de ressources et pour finir, Samsung au tournant, qui compte bien prendre sa part du gâteau.

Ces innovations n’inspirent pas forcément des visions d’un monde meilleur, la preuve avec la bande annonce de Creative Control, film d’anticipation plutôt sceptique à l’égard des réalités augmentés qu’on nous prépare un peu partout.

La vraie vie, bande dessinée de Grégory Mardon (dessin) et Thomas Cadène (scénario), voit le futur un peu moins sombre et trace un portrait en nuance de ceux qu’on appelle les « nerds », immergés dans des réalités non pas virtuelle, mais d’un genre nouveau… des réalités numériques.

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Mais dans ce monde de pixels, qu’en sera-t-il de nos identités numériques? Avec France connect, l’état élabore une proposition d’identité numérique officielle pour chaque citoyen. A suivre en 2016!

7 // Steve Jobs //

Le mythe de Steve Jobs est une nouvelle fois réactivé avec le beau film de Danny Boyle actuellement à l’affiche.

Quelques critiques pour vous mettre l’eau à la bouche :

Critique Geek, Télérama, Les inrocks, On rembobine entre autre.

Et comme il faut savoir rire de tout (même de Steve Jobs!), il est bon de se repasser ce petit éclairage du célèbre Youtubeur Norman au sujet de l’univers Apple:

8 // France culture change de peau //

Pendant ce temps, le site internet de France Culture se fait un petit lifting et c’est une très bonne nouvelle. L’interface est simplifiée, le design plus moderne, les contenus numériques plus riches et les dossiers plus complets.

Pour fêter ça, l’irremplaçable Xavier de la Porte nous offre son dictionnaire intime du numérique à consulter de toute urgence ici (Oui, le numérique peut inspirer de la poésie) : Dictionnaire intime du numérique.

8 // En vrac //

8 // Bonus //

Un jeu pour le moins inclassable, qui se passe de commentaires…

A ne pas mettre entre les mains de tout le monde!

Cette revue du web se termine sur cette chose invraisemblable, vous pouvez maintenant vous éloigner du clavier et profiter de la vie IRL…

Rendez-vous dans deux mois pour le numéro #2.

spinv_1Merci à Sabine Jouve pour l’aide et les liens sur cet article.

La photographie à l’ère du numérique

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Photo : Meffre / marchand (The ruins of detroit)

Regards contemporains

Présence des photographes sur le web

1 / La photographie sur internet

Le web, surtout depuis l’apparition des Smartphones, a complètement bouleversé la manière d’appréhender, de diffuser, de contempler ou de “consommer” la photographie. Un vocabulaire hier inconnu émerge et de nouveaux standards esthétiques prennent le devant de la scène :

Le selfie (ayant entraîné l’industrie d’outils dédiés, comme les perches à selfie et son lot de techniques détournées comme le Selfiepoubell, le welfie, le Belfie, le bookshelfie, le drelfie, sans oublier les conséquences de ces pratiques sur la santé publique car, peu de gens le savent, les selfies peuvent tuer!), le Tag, le photobombing, etc… sont des mots apparus dans le quotidien de millions de personnes “connectées”. Si elles révèlent bien souvent la vacuité, le narcissisme ou l’égocentrisme des protagonistes, ces nouvelles formes de photographie, loin des canons traditionnels, laissent parfois poindre une brèche, une émotion, révèlent une faille de l’homme ou de la société qui l’a engendré et sont parfois détournées ou récupérées avec talents.

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Au-delà de ces nouvelles pratiques, la toile s’est progressivement transformée en immense espace de stockage et de partage dans lequel photographies et vidéos prennent le plus de place. La plupart des utilisateurs ont aujourd’hui un compte Facebook, Google, Twitter, Instagram, Flickr, Pinterest, Youtube,etc… Ils stockent et partagent leurs photos de familles, leurs souvenirs de vacances, leurs témoignages, leurs passions, leurs selfies. Ces nouveaux usages, comme les albums photo en leur temps, racontent quelque chose des sociétés qui les pratiquent.

L’émission regrettée PLACE DE LA TOILE animée jusqu’en 2014 par Xavier De la porte sur France culture, avait d’ailleurs consacré une diffusion à ce sujet, analysant ces nouvelles pratiques à l’aune de l’histoire de l’art, des médias et plus spécifiquement de la photographie.

(Si l’émission n’existe plus aujourd’hui, du moins sur un véritable format inscrit sur la durée, les archives sont toujours consultables sur le site de France culture)

Les nouveaux outils que sont les Smartphones, tablettes tactiles, caméras type Go pro, ne bouleversent pas que la photo de « loisirs », mais l’industrie de la photographie dans son ensemble. Les évènements relatant l’actualité sont aujourd’hui couverts en grande partie par des photos et vidéos amateurs prisent sur le vif, avant l’arrivée sur place des « professionnels ». Ces photographies ou vidéos sont bien souvent « virales » et créent un « buzz » avant même que les médias traditionnels n’aient proposé le moindre contenu. la cadence de « l’information » s’accélère donc et modèle son pas sur celui des réseaux. Pas une chaine aujourd’hui qui n’affiche en continu les fils twitter, vidéos Youtube ou commentaires Facebook, au prix bien souvent d’une précipitation étouffante et d’une information de qualité médiocre.

5fc6c42c-7fa0-11e0-ae9c-765696900207(Tweet ayant semé le trouble dans l’affaire DSK et ayant anticipé toute information via un canal traditionnel)

japon-l-arrive-de-la-vague-filmee-par-des-amateurs-10420445hhuuw(vidéos et photos amateurs relayées par tous les grands médias –ici LCI – lors du Tsunami de 2011 au japon)

Si ce cycle de l’information en continu revêt des allures détestables (Attentats de janvier et novembre 2015 à Paris), les outils de communication accessibles à tous ont aussi des vertus et servent parfois à rétablir l’équilibre d’une désinformation ou d’une déformation de l’information par les médias professionnels, en restituant la parole aux témoins directs des évènements et en créant une forme d’information citoyenne, horizontale et participative avec ses vertus et ses défauts, une culture du « like » et du poing levé (exemple des « prétendus » débordements en marge de la cop 21 à paris).

De fait, n’importe quel photographe ou vidéaste amateur / de circonstance peut aujourd’hui poster une image sur Instagram, une vidéo sur Youtube, un article sur WordPress, un tweet ou même créer un site, un blog et promouvoir son travail, exercer son sens critique et réinventer le rapport jusqu’ici pyramidal de la circulation de l’information.

Mais que font les photographes “professionnels” de tous ces bouleversements? Comment diffusent-ils leurs travaux? Quelle place accordent-ils au web et aux réseaux? De quelle manière les technologies numériques modifient-elles le rapport des photographes à leur travail, à leurs techniques, à leurs outils? Peut-on encore parler de photographie professionnelle et comment?

2 / La photographie professionnelle

Agences et galeries

Une simple recherche Google image nous permet d’accéder à des milliers de photographies autour d’un même sujet. Dans ce lot d’images “offertes” se cachent un grand nombre de questions qu’on ne se pose que trop rarement. Tout d’abord celle de la licence. La photographie est-elle soumise au droit d’auteur? Ai-je le droit de l’utiliser et pourquoi faire? Est-elle gratuite? La question du photographe ensuite (professionnel, amateur, de circonstance?). La question du contexte, du lieu, de l’authenticité enfin (éventuelle retouche, commentaire associé, contexte de l’utilisation de l’image, etc…).

201509111707-full( Exemple de cette photographie de l’AFP, détournée et utilisée à contre emploi par le journal municipal – et marqué politiquement à l’extrême droite – de Béziers )

Passer par le spectre d’une agence photo pour trouver des images offre un certain nombre de garanties. Tout d’abord, une éthique. En fonction de l’agence choisie , une pratique de la photographie sera privilégiée, une manière d’appréhender les sujets, une distance, un regard, un angle politique. Des agences historiques comme Magnum ou contemporaines comme Vu, tendance floue ou Myop, offrent un choix de photographies de grande qualité, avec une notion “d’auteur photographe” associée à chaque image, un travail sur le style, sur la conception des images en séries et sur la subjectivité du regard assumée. Ces agences, Magnum dans un premier temps et Vu ou Myop de manière plus radicale, mettent le regard subjectif du photographe au cœur de la notion de témoignage. Ainsi, la couverture d’un évènement, l’exploration d’un sujet ou d’un territoire, passent par le spectre d’un regard, d’une sensibilité, d’un point de vue, qui ne peuvent pas être neutre.

michael-ackerman_610768( Michael Ackerman / agence Vu )

yakoukst_ville_froide_087-bd( Steeve Iuncker / agence Vu )

Odysseia_04( Antoine D’agata / agence Magnum )

tumblr_nkjd72B0mT1qarjnpo3_1280Harry Gruyaert / agence Magnum )

D’autres agences auront une démarche beaucoup plus neutre vis-à-vis des photographes en tant qu’auteurs et de la photographie en tant qu’art. Elles privilégieront une approche plus « froide » des sujets en évacuant la question du style et de la subjectivité pour une image techniquement “parfaite” et exploitable dans l’illustration des contenus, mais au discours souvent neutre et à la « patte » généralement effacée. L’exemple de Sipa press ou d’agences extrêmement spécialisées comme BSIP (sciences) et Biosphoto (nature), illustrent cette politique.

3 / Les sites de photographes / photographes indépendants

En plus, ou à côté des grandes institutions que sont les agences photographiques, certains photographes communiquent autour de leur travail et s’emparent du web à travers des sites internet personnels, blogs, réseaux sociaux, leur permettant d’atteindre une plus grande singularité.

La création d’un site, si elle ne permet pas totalement pour un photographe de s’affranchir de la présence d’une agence (sécurité, protection de son travail, démarchage, réseau, etc…), lui offre en revanche une “vitrine” plus personnelle dans laquelle il a la possibilité de présenter son travail comme il l’entend et , en fonction du contrat qui le lie à son agence, de gagner en indépendance. Les sites internet permettent également aux photographes ne trouvant pas d’agence d’exposer leur travail et de le rendre visible à moindre coût.

La création d’un blog sera propice à développer textuellement autour de l’image, par la théorie, la poésie ou le témoignage. Les réseaux sociaux offriront une visibilité et inscriront les photographies dans la dynamique d’une actualité. Les trois supports sont à priori complémentaires et permettent de faire vivre l’image sur des temporalités différentes et selon des objectifs éclatés (question de l’œuvre, du témoignage, du document, etc…).

Exemples :

Adam Magyar

AdamMagyar_02Avec sa série « Stainless », Adam Magyar exploite pleinement les possibilités sonores, visuelles et interactives du web. En permettant au spectateur de parcourir ses images à l’aide d’une loupe il offre bien plus qu’un gadget, mais un véritable outil d’exploration de l’image fixe qui lui donne de nouvelles propriétés. Le public peut alors se mouvoir dans l’image et créer ses propres cadres à l’intérieur du cadre. La photographie devient en quelque sorte un espace géographique sur lequel il est nécessaire de se pencher (à l’inverse de l’observation d’une œuvre muséale qui nécessite la plupart du temps de prendre du recul). L’utilisation et le détournement des caméras professionnelles haute vitesse de type Optronis (généralement dédiées à la science ou à la publicité) lui permet de proposer un format vidéo se rapprochant de la photographie en lui insufflant des mouvements subtils créant un sentiment trouble pour celui qui regarde. La caméra se déplace t-elle sur une photographie, ou dans un espace ralenti au possible?

Adam Magyar – Stainless, Alexanderplatz (excerpt), 2011 from Adam Magyar on Vimeo.

Steve Iuncker

Un peu plus classique dans l’approche de la présence web, Steve Iuncker (membre de l’agence Vu), montre qu’il est possible d’être présent sur les deux fronts en proposant une approche singulière sur un site personnel s’éloignant de la charte graphique de l’agence Vu.

 

Russia, Siberia, Yakutsk, January 2013 In the coldest city in the world. Russie, Sibérie, Iakoutsk, janvier 2013 Dans la ville la plus froide du monde. Steeve Iuncker / Agence VU

Matt Lutton

Matt Lutton est un photographe américain ayant fait un important travail sur la Serbie. Son site, plutôt sobre, propose cependant d’explorer les images dans l’horizontalité de la page, ce qui est plutôt rare, la plupart des photographes préférant la plupart du temps exploiter la verticalité ou le Portfolio type « diaporama ».

Young men riding the trams in Belgrade. December 2010.

Yves Marchand et Romain Meffre

Si leur site est d’une facture extrêmement classique, leur démarche l’est beaucoup moins. Le duo de photographes explore dans un travail d’une densité et d’une qualité inouïe, les vestiges déjà présents de la civilisation post-industrielle. A travers la ville de Détroit ou l’île de Gunkanjima, les deux photographes proposent un témoignage sidérant sur l’obsolescence (programmée?) de cette civilisation post industrielle digne d’un film catastrophe Hollywoodien. Le site a le mérite de proposer l’intégralité de leur travail et de renvoyer aux livres somptueux compilant ces photographies.

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4 / Les réseaux sociaux et réseaux sociaux spécialisés

Les réseaux sociaux offrent un autre modèle de vitrine. Souvent critiqués, à juste titre, pour leur politique de confidentialité ou l’utilisation qu’ils font des données personnelles de leurs utilisateurs (publicité ciblée, collaboration avec instances de contrôles type NSA), les réseaux sociaux n’en demeurent pas moins de formidables outils de partages où le rapport amateur / professionnel n’est plus central. Le réseau social est en effet un outil permettant à chacun, de la même manière, de diffuser du contenu et des commentaires, donc d’avoir un rapport actif au média.

Si la majeure partie des photographies présentes sur Facebook ou Instagram ne font pas “œuvre” (bien qu’il faille définir la notion d’œuvre à l’échelle et à l’ère du numérique et de l’Internet), certaines émergent, se distinguent, font le “buzz” et viennent côtoyer du coude le travail des photographes d’agence.

L’art du Selfie?

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This NASA photo shows on December 24, 2013, as NASA astronaut Mike Hopkins, Expedition 38 Flight Engineer, participates in the second of two spacewalks, spread over a four-day period, which were designed to allow the crew to change out a degraded pump module on the exterior of the Earth-orbiting International Space Station. He was joined on both spacewalks by NASA astronaut Rick Mastracchio, whose image shows up in Hopkins' helmet visor. The pump module controls the flow of ammonia through cooling loops and radiators outside the space station, and, combined with water-based cooling loops inside the station, removes excess heat into the vacuum of space. AFP PHOTO/NASA = RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / NASA/ HANDOUT" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS =

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Comme nous le disions plus tôt, de “nouvelles” manières de pratiquer la photographie émergent via ces réseaux et retiennent l’attention. Au centre de ces pratiques, le Selfie, ou le fait de se prendre soi-même en photo (le plus souvent à l’aide d’un Smartphone) dans un endroit ou une situation donnée afin, le plus souvent, de partager cette image sur un réseau.

La pratique du selfie relève-t-elle du pur narcissisme? Est-elle une extension de l’art traditionnel de l’autoportrait? En quoi raconte-t-elle quelque chose de notre époque et plus spécifiquement de l’usage des outils numériques?

Ces quelques articles et dossiers permettront sans doute de creuser ces questions loin d’être anecdotiques :

  • Tout d’abord avec une chronique de la toujours très bonne émission de Xavier De laporte sur France culture.

  • «Le selfie est un portrait de soi dans le monde»

Interview passionnante de l’universitaire Laurence Allard autour de cette pratique photographique (libération) :

http://www.liberation.fr/ecrans/2014/04/24/le-selfie-est-un-portrait-de-soi-dans-le-monde_1003965

Ainsi qu’un article lié sur le blog de Laurence Allard : Selfie, un genre en soi. Ou pourquoi il ne faut pas prendre les selfies pour des profile pictures :

http://www.mobactu.fr/?p=904

  • Selfie et autoportrait, d’un monde à un autre

Un article intéressant sur le site Paris-art.com :

http://www.paris-art.com/art-culture-France/selfie-et-autoportrait-dun-monde-a-un-autre/rouille-andre/438.html

  • Les selfies, nouvel art de l’autoportrait ?

Un autre article sur le site des inrocks :

http://www.lesinrocks.com/2013/11/23/medias/selfie-lassaut-musees-11446423/

  • De l’autoportrait au selfie

Un dossier complet sur le sujet résultant d’un atelier autour de Snapchat et Instagram organisé par l’académie de Nantes et le pays de la Loire :

http://www.irepspdl.org/_docs/Fichier/2015/5-151113015359.pdf

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Les photographes sur les réseaux

L’apparition de Myspace fut une petite révolution dans le monde d’internet en permettant au tout venant de créer une page personnelle pour y mettre à peu près tout ce qu’il souhaitait. Les premiers à s’engouffrer sur cet espace facilement accessible et ne nécessitant pas la connaissance d’un langage informatique furent les musiciens suivis de près par les photographes. Myspace permit ainsi la création d’une communauté forte qui, par affinités, permettait de sortir des sentiers battus en termes de création musicale et visuelle et de faire de réelles découvertes. Certains artistes ont d’ailleurs émergés par ce réseau. Peu à peu délaissé pour Facebook, ou Twitter, Myspace est aujourd’hui une communauté beaucoup moins active.

Des agences utilisant les réseaux pour promouvoir leur structure aux comptes personnels des photographes en passant par les talents “inconnus”, voici une petite exploration des réseaux axée sur la photographie :

 

Instagram :

CaptureInstagram est un réseau social axé sur le partage de photographies et trouve naturellement sa place pour tout photographe désirant valoriser son travail et pour toute agence ou festival désirant communiquer autour de ses actions. Il ne faut pas non plus négliger la présence des magazines ou journaux qui valorisent souvent la photographie et les photographes à travers ces types de comptes.

Petite sélection de comptes à suivre :

Agence Vu :  https://www.instagram.com/vu_photo/

Agence magnum : https://www.instagram.com/magnumphotos/

Vice : https://www.instagram.com/vice/

National geographic : https://www.instagram.com/natgeo/

Photograph Magazine : https://www.instagram.com/photographmag/

burnmagazine : https://www.instagram.com/burnmagazine/

JR : https://www.instagram.com/jr/

Rencontres d’Arles : https://www.instagram.com/rencontresarles/

Tendance floue : https://www.instagram.com/tendance_floue/

Le bal : https://www.instagram.com/le_bal/

Vincent Catala : https://www.instagram.com/vincent_catala/

Lorenzo Castore : https://www.instagram.com/lorenzocastore/

Maison européenne de la photographie : https://www.instagram.com/mep_paris/

Libération : https://www.instagram.com/liberationfr/

Géo : https://www.instagram.com/magazinegeo/

 

Twitter et Facebook

 

Twitter et Facebook permettront surtout de suivre l’actualité des photographes, agences ou structures et de communiquer, le cas échéant, avec.

La sélection serait trop importante à présenter sur cet article et il conviendra de trouver les comptes intéressants à suivre au fil des pages en se fiant par exemple aux comptes suivis par les grandes agences comme Vu, ou Magnum.

 

Flickr et pinterest

 

Autres réseaux axés autour de la photographie, ces espaces permettent notamment aux photographes amateurs d’avoir une visibilité et un retour critique sur leur travail. Très utilisés, notamment Flickr pour sa facilité d’usage et son espace de stockage considérable (1 to gratuit), la rencontre de photographes de talents dépendra du temps passé sur le réseau à dénicher les clichés sortant de l’ordinaire. Il faut donc parfois s’armer de patience pour avoir droit à autre chose qu’une coccinelle prise en macro sur une fleur ou un soleil couchant.

5 / Revues / magazines spécialisés en ligne

La presse en ligne fait bien souvent la part belle à la photographie et la suivre permet de faire de belles découvertes. Voici une petite sélection de magazines à suivre :

VICE : Le site internet plutôt provoc Vice offre un espace très large à la photographie de qualité. Attention cependant aux contenus parfois bruts et trashs propres à la ligne éditoriale de la revue.

Libération : Le journal quotidien ayant été le berceau le l’agence Vu, il est tout naturel que son site face la part belle aux photographes. Une manière d’appréhender l’actualité à travers des regards aiguisés.

Géo : Dans un autre style, à travers des blogs, reportages ou portfolios, le magazine géo offre une très belle fenêtre sur les paysages sauvages ou urbains de notre planète. A parcourir.

National geographic : Dans le même esprit, National geographic accorde une grande place aux reportages photos à travers sa rubrique “Diaporamas”.

Études photographique : Revue papier et numérique précieuse, plutôt “pointue”, sur le langage photographique. Pour ceux qui aiment la théorie de l’art.

 

6 / Banques d’images libres de droit et Bien commun

Ônibus_Hacker(Onibus Hacker / Wikimédia commons)

Si les agences sont capables d’apporter une valeur ajoutée au travail des photographes en assurant la valorisation, la diffusion et la protection de leur travail, elles n’en restent pas moins soumises au bon vieux modèle du copyright si peu adapté aux réalités du web aujourd’hui. En effet, des licences libres de type Creative commons assurent aujourd’hui une reconnaissance et une protection juridique des auteurs en leur permettant de “contrôler” la diffusion de leur travail suivant un certain nombre de restrictions incluent dans le cadre d’une licence non restrictive (c’est à dire en accordant un certain nombre de droits plutôt qu’en interdisant tout). Le choix de ce type de licence n’est pas évident et peut faire peur au photographe professionnel, mais va dans le sens d’un bien commun et d’une banque d’image internationale, de qualité, à même de nourrir articles et travaux de recherche dans un cadre de droit beaucoup moins contraignant que celui du copyright.

Une simple recherche via le moteur Google image avec un filtre par licences permet d’accéder à des images libres de droit. Des réseaux sociaux comme Flickr indexent également le travail des photographes ayant choisi les licences Creative Commons.

Des banques d’images de qualité ont aussi fondé leur modèle sur le bien commun et la licence libre :

Wikimédia commons : Banque d’images collaborative de la fondation Wikimédia, à vocation encyclopédique.

Superfamous.com : Une banque d’image de qualité sous licence Creative commons

Life of pix : Encore une banque d’images libres de droit offrant une collection de photographies permettant d’illustrer article ou d’agrémenter des pages internet.

Quelques articles recensant plusieurs banques d’images aux licences libres :

Orson: http://blog-fr.orson.io/blog/64/top-12-des-banques-d-images-gratuites-et-libres-de-droits

Korben :

http://korben.info/10-sites-photos-gratuites-illustrer-vos-sites.html

http://korben.info/photos-gratuites.html

http://korben.info/photos-libres-de-droit-gratuites.html

http://korben.info/top-10-des-sites-proposant-des-photos-gratuites-et-libres-de-droit.html

http://korben.info/depositphotos-photos-vectos-videos-libres-droits.html

8/ Les forums et sites de passionnés

Les forums sont des outils à ne pas oublier lorsqu’on souhaite faire le tour du monde de la photographie sur internet. Ils ont souvent une vocation plutôt technique, mais permettent, par l’intermédiaire de questions/réponses directes aux membres de la communauté, d’en apprendre plus sur les pratiques, de perfectionner la sienne et de découvrir des photographes méconnus.

Voici une liste de forums actifs sur le sujet :

Pose partage : http://www.posepartage.fr/forum/

Virus photo : http://www.virusphoto.com/forum-photo.php

Chasseur d’images : http://www.chassimages.com/forum/index.php

 

9 / Des lieux, évènements et festivals pour se tenir informé de l’actualité photographique

Les Rencontres d_Arles 2009Voici une sélection non exhaustive de lieux ou festivals majeurs pour la photographie, essentiellement en région parisienne :

Maison européenne de la photographie

Galerie Vu

Les rencontres d’Arles

Le Bal

La Galerie du jour

Jeu de paume

Polka

Fondation Henri Cartier Bresson

Une sélection plus large est proposée par cet article sur Timeout :

http://www.timeout.fr/paris/galeries/expositions/photos

10 / Expériences originales, dispositifs singuliers

Au-delà de la vocation artistique, plasticienne ou documentaire de la photographie, des sites s’attachent à l’utiliser dans des dispositifs singuliers propres aux interfaces numériques (tablettes, écrans pc). C’est le cas par exemple de la technologie Google street view permettant de parcourir le monde en réalité virtuelle. Depuis l’apparition des casques de réalité virtuelle type Cardboard ou Oculus rift, l’expérience est encore plus saisissante. Des applications sont disponibles sur le Playstore et l’Apple store pour en profiter pleinement. Le site Google treks dédié au patrimoine mondial de L’UNESCO permet également de parcourir les lieux les plus incroyables du monde à travers des photos prisent à 360 degré.

360 cities est un autre site permettant, avec moins de souplesse, de se mouvoir à 360 degré dans l’image et offre l’occasion de témoigner de l’histoire de manière singulière :

 

Exemple poignant de cette reconstruction tirée d’images d’archives de Hiroshima après la bombe atomique.

D’autres usages permettent encore d’utiliser la photographie de manière interactive, comme le story map, la time line, la juxtaposition, ainsi que les widgets photo type widgetic ou thinglink.

Ces outils feront l’objet d’un article à part entière prochainement dans un billet consacré aux techniques photographiques numériques.

12 / Théorie et critique

Voici pour finir une sélection de sites et supports permettant d’élaborer une réflexion critique autour de la photographie contemporaine.

  • En mai 2015, le Centre Georges Pompidou organisait un colloque autour des théories de la photographie. Vous pouvez en retrouver une trace avec des liens renvoyant vers les captations de ce colloque sur le blog l’image sociale :

http://imagesociale.fr/1475

  • L’image sociale :

Blog d’André Gunthert, maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), où il occupe la chaire d’histoire visuelle:

http://imagesociale.fr/

Ce blog est un carnet de recherches spécialisé dans le domaine des études visuelles.

  • Théorie de l’action photographique :

http://www.labex-arts-h2h.fr/fr/theorie-de-l-action-photographique.html

  • Études photographique :

https://etudesphotographiques.revues.org/index.html

Une revue papier et numérique plutôt “pointue” sur le langage photographique.

  • Portail photo Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Photographie

  • L’emprunte digitale

http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2007/10/03/506-l-empreinte-digitale

Un article intéressant d’André Gunthert

  • Tendances de la photographie contemporaine

http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-photocontemporaine/ENS-PhotoContemporaine.htm

Un document pédagogique mis en ligne par le centre Georges Pompidou

Cet article sera suivi prochainement d’une publication dédiée aux techniques de photographie numériques, aux outils en ligne ainsi qu’à la retouche. Je vous souhaite en attendant de belles découvertes et de beaux voyages dans cet art plus que jamais sur le devant de la scène.

 

Semaine de la bidouille # 2

Culture Maker en « Hacktion »

Pour la deuxième année consécutive, la médiathèque Louis Aragon organise une semaine dédiée à la “Bidouille” informatique. Comme l’année dernière, les participants se verront proposer un parcours numérique à travers une série de 4 ateliers explorant l’informatique à travers les thèmes du développement durable, du recyclage, du détournement, et de la fabrication numérique.

Ce cycle d’ateliers est gratuit et ouvert à tous, Fontenaysiens ou non, à partir de 12 ans.

Au programme :

Recyclage électronique : réutilisation d’ordinateurs ou de composants obsolètes dans l’optique de leur donner une deuxième vie.

Exploration numérique : Découverte d’outils et de contenus originaux directement venus du 23eme siècle…

Bidules, trux et Linux : Initiation au système d’exploitation libre et gratuit « Linux » conçu dans une modeste chambre d’étudiant , il y a plus de 20 ans, par le héros de tous les geeks à lunettes Linus Torvald.

Légumes sonores, Makey Makey : Les légumes font du bruit. Nous en aurons la preuve.

Dissection informatique : Vous rêvez de déchiqueter un ordinateur et de le déboulonner pièce par pièce? Ce rêve sera exaucé.

Cultures Makers : Les makers sont des gens extraordinaires qui vivent la nuit à la lueur des tubes cathodiques. Ils ont des tas de trucs à nous apprendre sur la vie.


Signalons au passage, pour les mordus de fabrication numérique, l’ouverture récente du Labo de Rosny-sous-Bois [@lelaborosny], Véritable laboratoire de fabrication numérique qui saura vous accompagner dans vos projets et initiations.

Invention d’objets interactifs : Les rêveurs qui participeront aux ateliers pourront imaginer les objets inutiles de demain… Juste pour le plaisir.

Fabrication Numérique : Car le numérique n’est pas qu’un gouffre aux chimères… oui oui ! (ceux qui trouveront l’allusion cinéphilique gagneront une touche de clavier obsolète de leur choix).

Méditation Technologique : Pour que cette série d’ateliers inspire sagesse et philosophie.

VENEZ DONC NOMBREUX! Avec vos déchets électroniques, ordinateurs au bout du rouleau, claviers ne tapant plus ni les A ni les I ou souris amputées du clic gauche… Nous essaierons d’en faire quelque chose tous ensemble.

Les participants de la première session d’ateliers avaient entre-autre pu apprendre à construire un ordinateur à partir d’éléments issus de machines ne fonctionnant plus. Une introduction au monde des logiciels libres avait également été proposée avec la découverte de l’environnement Linux, du mini ordinateur Raspberry Pi et de l’initiative Jerry DIT. Ces moments ont permis à des personnes de tout âge de collaborer ensemble à l’étude du fonctionnement d’un ordinateur dans la perspective de les faire fonctionner à nouveau. Grâce à ces ateliers, deux PC fonctionnant sous Linux ont pu être introduits à la médiathèque et servent aujourd’hui de postes ressources permettant de valoriser des contenus libres de droit suivant les thématiques abordées au fil de la saison (L’astronomie par exemple avec l’expérience ASTROLUX)

Inscriptions à l’espace multimédia de la médiathèque Louis Aragon de Fontenay-sous-Bois ou au 01.49.74.79.62

Ateliers du 19 au 23 octobre de 14 h à 16 h 30.

Fictions geeks : Hacker, Mr.Robot, Silicon Valley

 

« la réalité, c’est ce qui continue à s’imposer à vous quand vous cessez d’y croire »

Philip K. Dick

Un film d’action international, une comédie californienne, un thriller paranoïaque new yorkais.

Le point commun entre ces trois créations récentes ? Les protagonistes au centre de l’histoire savent tous se servir d’un terminal et les intrigues se dénouent au rythme intensif du clavier traçant des lignes de codes à l’infini.

Depuis le mois de juin, le phénomène Mr Robot a commencé à se répandre sur la toile. Les spectateurs les plus geeks ont été enchantés d’enfin trouver une série mettant en avant un personnage crédible de Hacker. Les autres, sérivores, cinéphiles, curieux, ont trouvé une série non exempte de défauts, mais aux fulgurances incontestables, au style résolument musical, à l’intrigue tournée vers l’actualité la plus récente (Edward Snowden, Julian Assange, Pirate Bay, Google et son ALPHABET…)

Profitons donc de l’occasion pour évoquer ces trois œuvres entérinant la présence d’une nouvelle figure du « héros » issue de la cyberculture : le Hacker.

HACKER

Avec Hacker (Blackhat), Michael Mann signe un film peu crédible sur le monde  des pirates informatiques. Quelques belles séquences promènent la caméra le long des circuits imprimés des cartes mères de data center aussi froids que gigantesques. L’infiniment grand rejoint alors le microscopique et c’est un régal rétinien. La puissance du film réside peut-être dans ces quelques images, trop fugaces, révélant les processeurs et composants informatiques à la manière de cités futuristes, à l’architecture rectiligne et métallique, aux rues désertés. Mais l’intrigue calqué sur un « mission impossible » mal scénarisé, a du mal à convaincre. Le personnage principal surtout, qui condense à lui seul les caractéristiques d’une équipe entière d’agents secrets (Hacker de génie maitrisant les arts martiaux et possédant le charme de Brad Pitt…). On passera donc sur cette fiction qui, malgré ses faiblesses, met pour la première fois au centre d’un blockbuster hollywoodien le personnage du Hacker d’ordinaire relégué au rang des sympathiques et farfelus personnages secondaires.

Toutes les critiques ne convergent cependant pas et des revues aussi  prestigieuses que Positif ou les Inrockuptibles chroniquent cette œuvre à la manière d’un essai contemplatif aux enjeux formels ambitieux :

« Le prodige de « Hacker » est que cet accomplissement formel ne se fait pas aux dépens du récit ni de l’écriture du cinéaste, qui atteint une sophistication inédite. » (Inrockuptibles)

« Les plus belles séquences du film décrivent la volatilité du monde et sa diaphanéité comme seul le réalisateur de « Heat » sait les imprimer sur grand écran. » (Positif)

Même l’excellent critique Jean Baptiste Thoret (Charlie Hebdo, Mauvais genre, La dispute…) trouve ici « un film d’avant-garde prodigieux, inquiet, gris anthracite, froid, qui s’avance masqué sous les traits d’un action movie post-11 septembre ».

Chacun se fera donc son opinion.

 

MR. ROBOT

http://www.whoismrrobot.com/

« Un paranoïaque n’est rien d’autre que quelqu’un qui est en possession de tous les faits »

Warren Ellis  (TRANSMETROPOLITAN)

Une série en cours de diffusion vient pourtant donner un sérieux coup de fouet au Hacker de Michael Mann. Mr. Robot, diffusé actuellement sur la chaine américaine USA Network et sur plusieurs plateformes vod (pour l’instant en vo sans sous-titres), impose son personnage de Hacker sombre, torturé, « schizophrène éclairé » et « lucide », dans un New York devenu la scène de théâtre  d’un « combat avec le démon ». Parfois filmé avec l’élégance anxieuse d’un Stanley Kubrick, parsemé d’accélérations rageuses à la Scorsese, Mr. Robot trace au fil des épisodes un style unique rarement vu à la télévision (évidement, un peu plus depuis l’avènement d’HBO, AMC ou Netflix). Cette puissance formelle fait accepter sans trop de mal les quelques lourdeurs scénaristiques qui parsèment un récit sublimé par son protagoniste principal, Rami Malek, incarnant le jeune hackeur torturé Elliot Alderson et son pendant « maléfique », Tyrell Wellick, incarné tout aussi sublimement par Martin Wallstrom. Les lignes de codes servent ici à nouer et dénouer les afflictions névrotiques d’Elliott, néo punk sauvage, asocial, vivant reclus et solitaire dans son appartement sombre new yorkais avec un chien, la lumière des écrans pour le bronzage et des disques durs qu’il fait régulièrement bruler au micro-onde dans un souci paranoïaque ou un éclair de lucidité. Carburant à la morphine, les yeux exorbités, les mots rares et prononcés lentement, Elliot pirate à peu près tout et tout le monde (collègues de travail, psychiatre, amie d’enfance, réseau de son entreprise, inconnus douteux, etc…). Ce que les gens laissent sur internet raconte leur solitude : Facebook, les sites de rencontres, les mails parcourant les câbles de fibre sans fin.  Elliott s’en empare et lit à travers les gens. Il les décrypte et les déchiffre grâce à son sens de l’observation sorti d’un roman de Conan Doyle. Lorsque l’occasion se présente, en Robin des bois des forêts dématérialisés, Elliott rend un peu de justice et se débarrasse des « mauvais ». Mais l’enjeu n’est pas là, sa quête numérique est avant tout existentielle. Elliott lutte avec la matérialité du monde, se questionne sur la réalité des autres, les gens qu’il croise chaque jour au bureau, dans la rue, sur son palier. Pour faire face à cette solitude, Elliott s’est créé un compagnon imaginaire, sorte d’alter ego virtuel auquel il parle régulièrement et qui permet de tracer le récit en voix off un peu comme l’avait fait, plus maladroitement, la série Dexter, ou, dans la même veine, l’injustement oublié « Profit ». L’expérience est hallucinogène, l’écriture sèche, le débit saccadé. La voix trace par vibrations le dessin d’une âme plus vaste que celle d’Elliot. Le réseau, la machine, les démons ?

 

Dans sa beauté formelle, la série de Sam Esmail prend le parti de ne pas utiliser de générique. Chaque épisode est introduit par une séquence inaugurale magistrale suivie du titre de la série apparaissant en rouge avec une typo de jeu vidéo rétro sur tout l’écran. L’ouverture du deuxième épisode opposant Elliot et Tyrell Wellick dans un bureau dominant Manhattan en est la plus belle illustration. L’un, doté d’une grande confiance en lui, parle beaucoup. L’autre se tait et observe. Les colonnes, les vitres entrouvrant sur le ciel dominant la ville, la pâleur bleue de la lumière et l’espace entourant les personnages, suspendent cette séquence au-dessus du monde, dans une confrontation psychique entre deux génies opposés, sorte de duel Holmes / Moriarty au sommet de l’Olympe en train de converser sur le sort de l’humanité. L’épisode commence.

 

Au-delà de son message politique, de sa remise en question des forces structurant le capital et la société dématérialisée qui en prend les contours, MR.ROBOT dessine le portrait d’une âme seule errant en «prédateur » dans la jungle d’une société numérique où passent les « fantômes ». C’est, d’une certaine manière, une œuvre renouant avec les principes du romantisme : La solitude, l’origine, les démons, la recherche d’une âme sœur.

Il faudra donc guetter la probable diffusion de cette série en France car elle est l’une des œuvres les plus fascinantes vues cette année sur petit ou grand écran.

(Pour patienter, la lecture de la superbe bd Wizzywig d’Ed Piskor, pourra ravir ceux que cette intrigue titille. Hacking, anarchie, solitude, paranoïa… Rien que du bon ! La BD est disponible à la médiathèque)

SILICON VALLEY

Le côté « lumineux » de la force brille parfois un peu sombre. La série Silicon Valley nous entraine au cœur de l’industrie du net en Californie, où de jeunes gens rêvent leur avenir en Mark Zuckerberg et conçoivent des algorithmes susceptibles de leur rapporter  des millions. Cette série courte (25 minutes par épisode) et hilarante, proposée par HBO, décortique le ridicule et l’absurde de la compétition numérique qui fait rage en Californie. Sociétés tentaculaires type Google (ici Hooli) contre jeunes start up prometteuses (Piep Piper), Geeks introvertis contre golden boys extravertis, bureaux gigantesques avec armés de techniciens et d’avocats et petites maisons de banlieues (incubateurs) regorgeant de nerds maladroits, réceptions luxueuses  pour club de milliardaires « déconnectés », la série se forge à coups de portraits caustiques mais pas si caricaturaux que ça. Nous y suivons les périples d’une jeune start up sur le point de révolutionner l’encodage vidéo pour le streaming mais butant face à la compétition sauvage et brutale qui sévit en Californie. Le format est explosif, la société dépeinte focalisée sur elle-même, à mille lieues des réalités, les situations grotesques, et pourtant, la série n’est peut-être pas éloignée du documentaire tant nous avons vu ces dernières années des illustrations de ce que nous reflète, par le prisme de la comédie, Silicon Valley.

Les algorithmes sont ici déployés pour construire des applications capables de détecter des femmes aux seins qui pointent ou des fontaines à eau. Des techniciens sont payés à ne rien faire pour ne pas les voir tomber aux mains de la concurrence. Le streaming au débit le plus prodigieux jamais vu consiste à montrer un oiseau faisant son nid durant de nombreuses heures avec une image presque statique (le pic d’affluence du public intervenant lorsqu’un technicien tombe dans un précipice et se retrouve coincé une journée entière en venant nourrir les oiseaux). Les nouvelles méthodes de management imposent des réunions à vélo ou des messages de motivations vaguement inspirés de préceptes bouddhistes, etc…

Sans atteindre l’intensité de MR. ROBOT, Silicon Valley distille un humour corrosif et jouissif, décortiquant les strates structurant l’industrie florissante et souvent futile des applications smartphones et outils web. La superficialité et l’autosuffisance de ce petit monde brassant des milliards et pensant détenir les clés du futur de l’humanité y est dépeinte sans retenue, renouant avec les meilleures comédies américaines désormais trop rares au cinéma.

La série est visible sur la chaine OCS CITY sur le câble et probablement sur plusieurs plateformes VOD. Indispensable pour se faire une petite idée de l’environnement dans lequel évoluent les concepteurs de nos précieux smartphones et certainement l’une des meilleures comédies aperçues ces dernières années.

 

Voici donc deux séries à se mettre sous la dent avant la fin de l’été. Au-delà de leurs sujets mettant au centre des intrigues des protagonistes experts en informatique, ces séries montrent à quel point la société numérique a rapidement, et de manière complétement invasive, infiltré nos vies, nos maisons, nos outils et nos esprits. Que ce soit avec humour ou en manipulant l’inquiétante immatérialité de nos horizons, ces œuvres ne se contentent jamais  d’une « dénonciation » manichéenne et préfèrent le portrait à la caricature.

Entre fascination, rire, inquiétude et peur, Silicon Valley et Mr.Robot sont probablement les premières œuvres de fiction à peindre si justement et avec autant de grâce les générations de l’internet. Ils rendent justice à la cyberculture et démontrent, s’il le fallait, qu’elle est totalement ancrée dans nos réalités « terriennes », incarnées par des personnes, parfois touchantes, parfois terrifiantes, parfois ridicules, et dans des lieux.

Silicon Valley est prolongé pour une troisième saison et Mr Robot pour une deuxième (Hacker n’aura probablement jamais de suite !)

Etudier et réviser autrement

Méthodologie :

Parce qu’étudier, réviser, ne rime pas forcément avec ennui, parce qu’il faut savoir sortir des manuels scolaire parfois, pour y retourner plus sereinement, parce qu’une autre approche d’un sujet peut parfois conduire à sa compréhension, internet semble aujourd’hui un outil indispensable pour étudier, réviser et tout simplement accéder à la connaissance.

Utiliser les outils en ligne pour organiser ses prises de notes et sa veille documentaire, suivre l’actualité des divers grands domaines de la connaissance est toujours un bon point. Internet fourmille de ressources complémentaires et d’outils pour vous aider dans cette tache.

Petit tour d’horizon.

 I/ Les outils

Veille / agrégateur de flux :

Feedly : Un agrégateur de flux disponible sous forme d’extension navigateur (Firefox / Chrome) et d’application (Android, Ios). Cet outil vous permet d’organiser une veille sur les sites et blogs de votre choix, et d’accéder aux podcasts, via une interface simple, sur vos pc, smartphones ou tablettes. Incontournable pour ne pas perdre un temps fou lorsqu’on consulte de nombreux sites chaque jour.

Pocket : Sous forme d’extension et d’application, pocket vous permet de sauvegarder tous les articles web que vous n’avez pas le temps de lire immédiatement. Vous pouvez ensuite y accéder, même sans connexion internet. Les articles sont synchronisés sur smartphone et pc.

Clearly : Clearly est une extension navigateur pas indispensable mais précieuse lorsqu’on passe beaucoup de temps de lecture sur le web. Son rôle est de dépouiller la page de tout le superflu (pub, images sans rapport avec l’article, menus de navigations…) pour valoriser l’article et le rendre le plus lisible possible. Connectée à Evernote, cette application permet d’annoter des articles et d’en conserver des passages.

Travail collaboratif :

Framasoft (framapad, framamindmap):

Framasoft est le portail du logiciel libre en France. Son annuaire des logiciels libres est un véritable trésor qui vous permettra de trouver le logiciel dont vous avez besoin, sous licence libre et presque toujours gratuit. De plus, Framasoft permet d’accéder à des outils de travail collaboratif en ligne comme Framapad (traitement de texte collaboratif qui permet de rédiger un document à plusieurs, éloignés dans l’espace), Framamindmap (pour organiser ses idées), etc…

Vous pouvez également y télécharger une Framakey et l’installer sur votre clé usb, afin de transporter vos logiciels de travail où que vous alliez (comme à l’EPN de la médiathèque)

Hackpad:

Hackpad est un Pad comparable à Framapad, mais proposant plus de fonctionnalités (insertion de vidéos ou de sons) et à l’interface plus aboutie.

Google drive: Google drive est la suite bureautique associée à tout compte Google. C’est un espace de stockage pour tous vos documents. Un espace également pour créer des fichiers de travail avec les outils intégrés de Google (traitement de texte, tableur, présentation, mindmap, etc…), et enfin un espace de travail partagé pour travailler en groupes sur vos documents.

Favoris

Pearltrees:

Pearltrees est une extension de navigateur, une application et un site internet permettant d’organiser ses favoris de manière thématique et de les partager. L’intérêt majeur de cet outil est de proposer une forme de réseau social de partage de contenus sur le web. La communauté étant importante, il y a fort à parier que vous puissiez trouver quelques perles sur vos sujets de prédilection grâce à la veille minutieuse des autres membres.

Traducteur

Google translate:

Service simple et plutôt efficace de traduction en ligne de Google.

Encyclopédie 

Wikipédia

Contrairement aux bruits qui circulent, l’encyclopédie libre en ligne Wikipédia est d’une grande richesse et d’une grande qualité. Sa nature participative peut laisser à penser que les erreurs, aberrations ou approximations y sont légions, mais des études très sérieuses ont pu démontrer qu’elle n’en contenait pas beaucoup plus que l’encyclopédie Britanica (équivalent d’Universalis ). Le nombre, la qualité et la réactivité des contributeurs y est pour beaucoup. La charte d’utilisation de l’encyclopédie permet également d’ériger certains principes garantissant notamment, la neutralité de point de vue et l’information sourcée. Enfin, les licences d’utilisation libres utilisées permettent à tout un chacun de copier ou de modifier un article pour l’utiliser dans le cadre de son travail personnel. Accompagné de la banque d’images, de vidéos et de sons qu’est Wikimédia Commons, Wikipédia est un outil indispensable à classer au rang des biens communs les plus importants depuis l’avènement d’internet. La méthodologie consiste cependant à multiplier les sources pour obtenir une information fiable.

Quelques astuces :

  • Il est possible de créer un livre pdf et de le faire imprimer à partir d’une sélection personnelle d’articles trouvés sur Wikipédia.
  • Chacun peut, avec ou sans compte, rédiger ou modifier un article. Celui-ci, s’il respecte la charte et est de qualité, sera présent sur l’encyclopédie.
  • wikimédia commons permet de trouver des images, vidéos ou extraits sonores de grande qualité, et sous licence libre, pour illustrer ses exposés sans aucun problème de droit à l’image (celui-ci étant donné).
  • La rubrique « Discussion » présente dans un onglet à côté de chaque article permet de voir l’évolution dans l’écriture d’un article et les débats, enjeux, qui sous-tendent la rédaction des articles dont les sujets sont les plus « controversés ».

 Bibliothèque numérique

Gallica

Gallica est la bibliothèque numérique de la BNF. Elle permet d’accéder à plus d’un million de documents libres de droit ou tombés dans le domaine public (livres, cartes, enluminures…). Elle est en accès libre et offre plusieurs outils, comme la possibilité de télécharger un livre pour l’imprimer. Un site indispensable.

Eurêka

Depuis quelques mois, tous les habitants du Val de marne inscrits en médiathèque bénéficient d’un accès à la plateforme Eurêka pour leurs loisirs (musique, films, lecture ) et aussi pour leurs études (Autoformation, soutien scolaire, langues et FLE, conférences, permis de conduire, etc…). Une véritable médiathèque numérique donc qui complètera les collections physiques présentes sur les médiathèques respectives et dont il serait dommage de se priver.

Dictionnaires

Général : http://www.lexilogos.com/

Synonymes – CRISCO : http://www.crisco.unicaen.fr/des/

Antonyme : http://www.antonyme.org/

Etymologique, CNRTL : http://www.cnrtl.fr/etymologie/

II/ Généralités

Des sites utiles pour réviser le bac par disciplines, avec annales d’épreuves, exercices, corrigés. Spécialement conçu pour les étudiants (la richesse de ces deux ressources étant suffisante pour parcourir l’ensemble des disciplines, le reste de l’article sera ouvertement orienté vers des contenus plus « atypiques »)

Netvibes : http://www.netvibes.com/infosemplois#Revisions_Examens

Un Netvibes conçu par nos collègues de la médiathèque Margueritte Duras dans le 20eme à Paris et qui fourmille de renseignements et de sites ressources. Extrêmement complet, il vous permettra d’aborder les révisions sereinement.

BOITE A DOC : http://www.letudiant.fr/boite-a-docs/

Des fiches de révisions, des annales, des épreuves corrigées dans toutes les disciplines et pour tous les niveaux.

III/ Réviser autrement

Pour sortir des manuels scolaires et des sentiers battus, rien de tel qu’explorer le net à la recherche de sites, contenus, blogs, présentant les sujets de votre programme d’une manière singulière, avec un autre angle ou selon un dispositif inédit. Si cette méthode ne remplace pas les révisions à l’aide des cours et des manuels, elle permet de les enrichir sérieusement et fait souvent la différence entre une leçon bien apprise et le petit plus qui fait que l’on sent que l’élève est allé chercher de lui-même des ressources et des illustrations de ses cours ; en bref, qu’il s’est approprié le sujet.

Les plateformes France Culture et Arte (Arte web production plus particulièrement) peuvent à elles seules alimenter vos recherches de trésors et de trouvailles pour quelques mois. Les sites des grandes institutions, bibliothèques, musées, écoles ou universités fourmillent également de merveilles. Sans parler des outils développés par Google qui offrent souvent une expérience incomparable.

 Géographie / Géo politique

Google map/Google Earth/ Google Treks

https://www.google.fr/maps

On apprend la géographie avant tout par les cartes et, quoi que l’on puisse penser de Google, son service de cartographie en ligne est de loin le plus abouti et le plus fascinant à utiliser. Il permet de localiser n’importe quel point de la planète en quelques clics. D’avoir des aperçus des territoires sous forme de plans, de photographies aériennes ou de « Street View » (réalité virtuelle). De plus, un travail parallèle de Google (Treks) permet de faire un focus sur les endroits de la planète inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco ou dont l’intérêt historique, géographique, artistique et scientifique en font des lieux incontournables  (grande muraille de chine, pyramides d’Egypte, Grand canyon, barrière de corail, Loch Ness, etc.…).

Il est également possible de parcourir certains de ces hauts lieux, sous l’eau ou même de découvrir la surface de mars et de la lune.

Un outil incontournable donc pour illustrer les cours et renouer avec la fascination que peut exercer la géographie.

Radio

Quelques web doc:

Un jeu documentaire « Au cœur de l’industrie pétrolière » dans l’un des hauts lieux stratégiques de l’économie Canadienne. Un site et une expérience saisissante.

 Histoire 

Radio

Une émission incontournable multipliant les points de vue et commentaires sur un même sujet pour permettre de l’appréhender de manière riche et plurielle.

Quelques web doc 

Applications 

 Economie 

Radio

Philosophie 

Toutes les années, les nouveaux chemins de la connaissance se mettent au diapason du Bac philo et organisent une semaine complète dédiée aux révisions. Incontournable pour qui souhaite revoir son programme avec le soutien des grands philosophes et commentateurs du moment.

Un site ressource fabuleux, avec accès aux podcasts, pour appréhender la philosophie dans ses débats les plus exigeants et les plus contemporains. Un peu pointu pour les débutants, mais donne un bon aperçu de ce à quoi peuvent ressembler les études en philo lors de l’enseignement supérieur.

Lettres 

Littérature au Lycée

Un blog pour aider les élèves de section littéraire (et même les autres).

Sciences 

Des sites 

Un site tourné vers le monde de demain, et vers le monde d’aujourd’hui à travers ses inventions et ses débats les plus novateurs. Science, écologie, nouvelles technologies s’y mêlent de façon pertinente en décloisonnant les disciplines pour leur donner plus de sens et un impact plus concret sur la vie de tous les jours. Un site très accessible qui vous permettra d’illustrer vos dissertations d’exemples d’actualité originaux.

Radio

Quelques web doc 

Webgeol

« La plateforme WebGeol développe les thèmes abordés dans L’Europe, l’odyssée d’un continent, qui retrace les origines de la formation du continent européen il y a presque 4 milliards d’années, et La valse des continents, une série sur l’histoire des dérives continentales, expliquée à travers des recherches sur les sites les plus emblématiques aux quatre coins de la planète.

WebGeol, dispositif interactif comprenant 19 vidéos, complète ces thèmes : des coquillages retrouvés dans l’Himalaya, en passant par les roches vivantes d’Australie jusqu’à l’activité sismique dans la Méditerranée toute proche.
Tout au long des vidéos, des liens pour aller plus loin s’affichent et donnent accès à des informations supplémentaires. »

Arts 

Internet fourmille de ressources et de contenus artistiques, commentaires, essais, analyses, blogs d’artistes en tout genre. De Google à certaines perles sur les blogs, les lycéens en histoire de l’art, cinéma audio-visuel, théâtre, arts plastiques, trouveront leur bonheur.

Google Art Project

Lorsque les moyens du géant Google sont consacrés à l’art, le résultat est tout simplement splendide. A travers ce projet, Google donne accès à plus de 32000 œuvres numérisées dans plus de 150 musées à travers plus de 40 pays. Du Moma au Musée d’Orsay en passant par des collections plus modestes, de Vinci à Nan Goldin, les plus grands artistes sont présents à travers des numérisations de leurs œuvres d’une qualité exceptionnelle. Il est ainsi possible de zoomer sur un tableau pour se rapprocher au plus prés du coup de pinceau d’un artiste, comme aucun support ne l’avait permis auparavant. De plus, la fonction « Street view » permet de se promener en réalité virtuelle dans l’enceinte de certains des plus grand musées du monde.

Google Street Art Project

L’équivalent du Google Art project dédié au Street Art.

Musées et institutions 

Ne pas oublier d’aller visiter les sites officiels des grands musées qui fourmillent de contenus et d’informations qui vous seront utiles pour vos exposés (quai Branly, Louvre, Guggenheim, Moma, National Gallery).

Exemples 

Un superbe site dédié à la collection d’art de l’Islam du Louvre.

47 Musées de France – 150 musées thématiques, Archéologie, Beaux-arts, Art contemporain, Arts décoratifs, Sciences et Techniques, Histoire Naturelle, les collections du Nord pas de calais s’exposent sur ce site splendide qui a le mérite de nous faire découvrir des œuvres moins exposées et tout aussi passionnantes que celles des plus grandes institutions.

 Quelques web doc 

« Reclus dans leur appartement de Moscou, Ely et Nina Bielutine veillent jalousement sur une des plus importante et mystérieuse collection d’art de la Renaissance.
Entourés de leur corbeau et de leurs chats et sous l’œil de Léonard, Titien, Michel-Ange et Rubens, Ely et Nina évoluent dans une fiction, un monde qui n’existe que pour eux, un monde ou l’art et le mensonge ont peu à peu pris le pas sur la réalité. »

Un jeu (mais aussi un site et une application) pour découvrir l’art de la typographie à travers les siècles. Des premières peintures rupestres aux typos numériques, en passant par l’imprimerie et les célèbres Didot ou Garamond, ce jeu est un véritable chef d’œuvre du genre aux vertus pédagogiques, au Style clair/obscur inspiré de Limbo, à la poésie infusée dans chaque tableau et à la difficulté bien dosée. Indispensable !

Divers 

« Sélection France Culture de conférences prononcées tout au long de l’année au sein d’institutions culturelles et universitaires françaises tels le Collège de France, l’Université de tous les savoirs ou la Bibliothèque Nationale de France. »

Une émission très bien faite pour parcourir en moins d’une heure l’essentiel de la vie et de l’œuvre de personnalités du monde de la culture, de l’art, de la politique ou de la science et s’en faire ainsi une idée et un premier aperçu.

D’un niveau assez pointu, les étudiants les plus motivés y trouveront matière à développer et approfondir leur programme avec conférences audio et vidéo dans toutes les disciplines. C’est aussi l’occasion pour les lycéens d’avoir un aperçu des études supérieures.

Pour apprendre, toutes disciplines confondues, avec des cours gratuits en ligne (MOOC). Le niveau va de débutant à très avancé.

Photothèque, vidéothèque, podcasts, conférences filmées, un ensemble de ressources extrêmement riches pour accompagner les études.

Un site référençant les initiatives du réseau d’éducation populaire dans toute la France. Vous pourrez ainsi y trouver les cours dont vous avez besoin prêt de chez vous, des podcasts et documents variés et des informations.

« L’Université de tous les savoirs (UTLS) est une initiative du gouvernement français afin de vulgariser les dernières avancées de la science. »

Vous y trouverez des conférences et des cours d’une grande richesse, dans l’esprit de les rendre le plus accessible possible, sous format vidéo ou audio.

 

N’hésitez pas à enrichir cet article de vos commentaires et des ressources que vous auriez pu cibler.

 

Bonne révisions….

 

 

Colloque Internet Solidaire 6 mai 2015

Vous vous souvenez du colloque Internet Solidaire 2013 ? Et bien c’est reparti pour l’édition 2015. Le 6 mai se déroulera la cinquième édition du colloque « Internet Solidaire » à la Maison du Citoyen et de la Vie Associative, en partenariat avec la Région Ile-de-Francela Fonderie, l’association Villes Internet,  la Délégation aux Usages de l’Internet et l’IUT de Marne-la-Vallée sur la thématique « Apprendre à apprendre ». Comment apprendre aujourd’hui ? Quelles sont les nouvelles pratiques d’apprentissage ? Qui apprend à qui ? Dans quels lieux, quelles structures ? Avec quels outils ? Comment résoudre les nouveaux défis, donner et redonner le goût d’apprendre au plus grand nombre ? Comment maintenir et développer un esprit à la fois critique et constructif ? Peut-on en même temps rester fidèle aux valeurs de solidarité, d’écologie et de bien commun tout en acceptant les technologies ? Pas besoin d’être geek pour participer mais les nerds sont les bienvenus ! Toute une journée concoctée par les étudiants de l’IUT, les animateurs multimédia de la ville et d’ailleurs, les habitants, les enseignants….

Au programme : un café-débat, des ateliers participatifs où se mélangent curieux et professionnels, bidouilleurs et amateurs, hyperactifs et retraités, ultra-connectés et anti-web.

Apprendre à inventer 

Venez découvrir de nouvelles façons de créer à travers des outils simples et accessibles qui permettent de donner vie à vos idées. Du makey makey au leap motion en passant par la réalité augmentée, vous pourrez créer votre dispositif numérique et organiser des ateliers créatifs pour tous les publics.

Apprendre le code

Apprendre à lire, écrire et compter ne suffit plus. Il est nécessaire d’apprendre à coder. Cet atelier permettra de mieux comprendre la face cachée du numérique et de s’initier à la beauté des algorithmes. Pour cela, Robot Rise vous aidera à démystifier l’informatique en conciliant apprentissage du code et plaisir du jeu. Vous pourrez mesurer vos connaissances et vous familiariser progressivement avec les langages de programmation. L’objectif de cet atelier est de vous apporter les ressources nécessaires pour organiser un coding goûter et (re)donner le goût de la culture scientifique et technique tout en s’amusant.

Apprendre à concevoir des objets

Comment sortir d’une logique industrielle et passer de l’idée à la réalisation concrète ? Venez découvrir l’univers des FabLabs, repairs cafés, makers spaces… En partant de démonstrations concrètes et en partageant expériences et usages, on proposera la mise en place d’ateliers de fabrication utiles aux citoyens.

Construire une pensée critique

Cet atelier a pour objectif de vous sensibiliser aux différentes controverses du numérique. A travers une timeline participative, venez explorer les évolutions technologiques, les prises de position et les mouvements de la contre-culture. L’objectif sera d’acquérir une culture numérique et d’être outillé pour animer un atelier d’éducation critique.

Apprendre à partager

La question des biens communs demeure un enjeu essentiel du web. Internet ne doit pas être seulement un espace marchand, mais un lieu de partage et d’échange. Il nous paraît donc important d’apprendre à trouver des ressources libres de droit et à les utiliser, non pas dans une optique de consommateur, mais de citoyen participatif capable lui aussi de les enrichir. Venez contribuer à l’élaboration d’une piratebox !

Apprendre des autres

Aller voir chez les autres, s’inspirer de leurs pratiques, décloisonner les savoir-faire : rien de tel que bousculer nos propres habitudes de travail. Par exemple, certaines pratiques ludiques peuvent être transposées dans des pratiques professionnelles, pédagogiques et autres. Pourquoi ne pas imaginer un Fontenay Game – adaptable et personnalisable – sur le modèle du Trivial Pursuit ? Mais il existe bien d’autres pratiques inventives que les serious games. La créativité au service de l’innovation sera le fil conducteur de cet atelier.

MémoRise, Webdocumentaire :

Ce film est constitué d’un croisement de témoignages recueillis auprès de Fontenaysiens de diverses générations sur le thème de l’apprentissage. Qu’avez-vous appris ? Comment l’avez-vous appris ? Qu’aimeriez-vous apprendre ? Le numérique a-t-il été pour vous utile ? Chaque parcours est singulier, tous ont quelque chose à nous apprendre.

Venez à votre tour apprendre avec nous suivant les principes d’une culture libre, ouverte et partagée.

Le 6 mai 2015, de 9h à 17h30 à la MDCVA .

Pour vous inscrire : http://internetsolidaire.fontenaynumerique.fr/inscrivez-vous/

 

 

 

 

CORPS MACHINE

La venue à la médiathèque du Beatboxer Black Adopo pour un atelier immersif parsemé d’expérimentations vocales et numériques, nous donne l’occasion de  nous pencher sur les interactions homme machine depuis l’avènement de l’informatique, dans le cadre de projets créatifs.

De la ligne de commande des premiers ordinateurs à l’Oculus Rift (casque de réalité virtuelle), en passant par la souris ou le tactile, les outils ont bien évolués et permettent aujourd’hui  de multiples interactions avec le PC.

La souris tout d’abord, avec l’émergence des premiers systèmes d’exploitation à interface graphique, fut une première manière de naviguer dans l’espace virtuel de la machine avec un outil tactile qui a connu quelques évolutions depuis sa naissance en 1964. (histoire de la souris)

Souris des origines :

Souris Gamer en 2015:

Le principe du « point and click » fit la réputation de certains jeux, et a largement fait ses preuves depuis dans le domaine des ordinateurs personnels et du travail bureautique. Si ce petit périphérique a permis de populariser l’utilisation des ordinateurs auprès d’un large public, force est de constater que son utilisation demeure assez rigide et ne permet pas à l’utilisateur d’élaborer une gestuelle gracieuse ou de s’extraire de la position assise et bien souvent voutée, si caractéristique des « nerds » ou des « gamers » (sans offense pour eux), imposée par le couple souris/clavier.

Joysticks, manettes, télécommandes, autant de déclinaisons avec ou sans fil, d’un outil qui, hormis la main, ne sollicite pas d’autres parties du corps faisant de l’être un homme cerveau (dans le meilleur des cas) ou un spectateur avachi, les jours de paresse, ayant bouclé les stades de l’évolution par un curieux affaissement du tronc et de la colonne vertébrale le renvoyant ainsi à ses balbutiements.

Une petite révolution se met cependant en place depuis le début des années 2000. Avec les jeux vidéo tout d’abord, comme la wii ou la xbox, deux consoles permettant de jouer debout et d’interagir avec les jeux selon une gestuelle plus ou moins complexe.

Très rapidement, ces procédés d’interaction homme/machine ont été repris et détournés par les artistes, notamment le kinect de la xbox, pour permettre de nouvelles relations aux œuvres d’arts via la connexion du capteur de mouvement à un pc et l’écriture de quelques lignes de codes. Les spectateurs, visiteurs, se voient désormais retourner le résultat de leur déplacement dans l’espace et peuvent ainsi interagir de manière dynamique avec l’œuvre non plus seulement contemplée, mais aussi manipulée.

La généralisation des interfaces à écrans tactiles sur smartphones, tablettes et ordinateurs portables contribue, simultanément à l’apparition des consoles de nouvelle génération, à réintroduire une gestuelle « plus naturelle », moins figée dans l’espace, lors de l’utilisation des machines. La main se façonne selon une nouvelle gestuelle et se déplace sur l’écran bouclant ainsi le « siècle à main » évoqué par Arthur Rimbaud… La main à charrue, la main à plume, la main à écran…

De l’autre côté de la chaine, l’apparition des casques de réalité virtuelle type « Oculus Rift » penche vers une orientation plus immersive, probablement plus cérébrale, du contact homme machine.

Si l’on ajoute à ces procédés la commande vocale, comme le Siri d’Apple, ou la commande oculaire présente sur les google glass, le temps de la souris semble  bien loin et le présent prend des allures de film de science fiction.

Souvenons-nous des machines dotées de conscience de 2001 l’odyssée de l’espace ou plus simplement de la série k2000, dans un registre plus inquiétant de la machine de contrôle d’Alphaville de Godard ou du Big Brother d’Orwell, des fantasmes d’hybridation de David Cronenberg, des images manipulées par Tom Cruise dans l’adaptation cinématographique du Minority Report de Philip K Dick, et nous voyons à quel point les interfaces de connexion hommes/machines, corps/machines,  tendent de plus en plus à la fusion ou du moins à l’hybridation. Un constat très inquiétant pour certains et fascinant pour les autres.

ORGANIC ORCHESTRA

Ici commence l’atelier animé par Black Adopo de la compagnie Organic Orchestra. Partant du Beatbox comme pratique musicale pure (à l’instar des chants tibétains ou inuit), envisageant le corps comme instrument de musique à part entière, comme boite à rythme humaine, l’artiste nous a présenté les possibles extensions de cette musique via la machine.

Le Kinect comme outil d’extension graphique de la performance, le Leap Motion comme outil permettant de moduler la voix  par la gestuelle, les tablettes tactiles et Smartphones comme instruments de scénographie instantanée, jusqu’au gant du spectacle Bionic Orchestra 2.0,construit à base d’Arduino, et manipulé par EZRA (autre membre de la compagnie) afin de pouvoir s’affranchir plus encore de la machine pour l’intégrer à même son corps via un gant connecté.

Les pistes de travail son vastes et les terrains d’expérimentations très riches. Que ce soit dans les domaines de la musique, de la danse, des arts graphiques, des jeux ou de la vidéo, les années qui viennent consacreront le corps comme outil d’interaction  principal avec la machine. Vous pouvez ranger vos bonnes vieilles souris et vous lever de vos chaises, le futur du numérique se dessine debout.

Petit résumé de l’atelier de Black Adopo à la médiathèque Louis Aragon : (les conditions de captation ayant été mauvaises, le son de la vidéo n’est pas toujours très audible)

 

 

Semaine de la bidouille

Du 23 au 27 février, la médiathèque vous invite à plonger un peu plus profond dans les entrailles de l’informatique avec une semaine dédiée à la « bidouille ».

Au programme :

Lundi 23 et mardi 24 février, de 14 h à 16 h 30 : Apprendre à construire un ordinateur de A à Z avec du matériel recyclé (découverte du Jerry DIT, un ordinateur pas comme les autres).

Jeudi 26 février, de 14 h à 16 h 30 : Plongez dans le monde de Linux, vous ne ferez pas marche arrière. Découverte de l’environnement libre et gratuit Linux. Installation et utilisation de divers OS.

Vendredi 27 février, de 14 h à 16 h 30 : Venez découvrir le Raspberry pi, un ordinateur miniature accessible à tous et aux utilisations multiples.

Parce que l’informatique ne rime pas nécessairement avec « obsolescence programmée », parce qu’il est des usages éthiques des outils numériques, parce que les outils sont aussi des biens communs à portée de main ou de clic, cette semaine se veut résolument tournée vers l’intelligence collective, le partage des savoirs, la découverte d’une culture numérique à hauteur d’homme et la réappropriation des outils.

N’hésitez pas à venir nombreux avec ou sans vos outils, ordinateurs usagés, matériel « obsolète »… Nous parviendrons avec un peu d’imagination à les recycler.

Plus d’informations sur le site internet de la médiathèque (par téléphone au 01 49 74 79 60 ) ou en vous rendant directement à l’espace multimédia de la médiathèque Louis Aragon.